21 avril 2016
Un syndicat qui se sent floué
Par: Louise Grégoire-Racicot
Une décision qui désarme plus d'un travailleur qui réside actuellement à Sorel-Tracy et ses environs. | Photo: TC Média - Julie Lambert.

Une décision qui désarme plus d'un travailleur qui réside actuellement à Sorel-Tracy et ses environs. | Photo: TC Média - Julie Lambert.

Vive réaction de la part des employés syndiqués de bureau – ils sont 90 – affectés par la décision de General Electric (GE) de déménager ses 350 employés dans des bureaux de la Rive-Sud.

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Il y a anguille sous roche, dit leur président Clément Lavallée qui croit que l’entreprise n’a pas dévoilé ses véritables intentions.

Il est d’autant amer que son syndicat vient tout juste de renouveler pour un an sa convention de travail.

« Jamais on ne nous a parlé de cela. Il est clair que si nous avions su, nous aurions négocié autrement les conditions de travail. »

Aller travailler sur la Rive-Sud représente des dépenses additionnelles de transport et complique beaucoup la conciliation travail-famille des membres, dit-il.

« Cela mérite des compensations dont il n’est pas question dans cette entente. Cette situation ne crée pas de joie dans nos rangs. »

Peut-être cette décision plaira à ceux qui habitent la Rive-Sud, mais les trois-quarts des gens sont de la région, précise M. Lavallée.

Décision inacceptable

Il qualifie cette décision inadmissible en cette époque où le télétravail est encouragé par l’entreprise.

« Il serait suffisant pour aller chercher les compétences dont on a besoin pour continuer à développer l’entreprise. Donc d’autres raisons président à ce choix. Quelles sont-elles? », demande-t-il.

Il ne comprend pas non plus que GE se targue de se préoccuper de ses employés et agisse unilatéralement dans cette prise de décision.

« Elle ne pense même pas à nous consulter sur cette question, sur la ville où relocaliser ses bureaux. Boucherville plairait sûrement plus que Longueuil à la majorité. Mais non, elle décidera seule! »

Une purge naturelle?

Plusieurs ont choisi de travailler à Sorel-Tracy pour des salaires un peu moindres que ce qu’ils auraient eu ailleurs parce qu’ils voulaient travailler près de chez eux, explique M. Lavallée.

« Comment la compagnie financera-t-elle les sommes de plus que cela leur coûtera pour aller travailler? Ajustera-t-elle les salaires? Aidera-t-elle aux ventes de maisons s’il y en a, comme Alstom l’a déjà fait pour des employés? Elle ne peut changer les règles de jeu avec les salaires actuels plus bas que ceux versés par ses compétiteurs », insiste-t-il.

« À moins qu’elle veuille purger naturellement son bassin de travailleurs, que certains quittent pour ne pas voyager. Cette stratégie est fort mauvaise tant pour nous qui nous appauvrissons que pour la région qui perd ces emplois. On n’a pas fini de poser des questions », conclut-il.

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