21 avril 2021
Mourir tendre
Un Sorelois sur les planches du théâtre Prospero
Par: Deux Rives

Le Sorelois Antoine Pelletier (au premier plan) est acteur et signe la conception sonore de Mourir tendre, une pièce marquée par l’omniprésence de musique et de textes rythmés. Photo Daniel-Julien Inacio

Késia Demers, Gabriel L’Archevêque et Antoine Pelletier, cofondateurs des Productions Erapop, interprètent Mourir tendre de l’auteur haïtien Guy Régis Jr. Photo Daniel-Julien Inacio

Antoine Pelletier s’intéresse à différentes formes d’art et ne semble se donner aucune limite quant à ses explorations. Photo Olivier Hardy

Texte d’Olivier Dénommée

Après de longs mois sans possibilité de présenter des spectacles dans le respect des normes sanitaires, le théâtre Prospero de Montréal a enfin rouvert ses portes au public le 15 avril pour y présenter Mourir tendre, mettant notamment en vedette le Sorelois Antoine Pelletier.

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Mourir tendre, écrite par l’auteur haïtien Guy Régis Jr, avait été créée une première fois par le trio Antoine Pelletier, Gabriel L’Archevêque et Késia Demers et un chœur lors de leurs études à l’UQAM. Une version audacieuse où les acteurs, aussi musiciens, ont accentué ce texte poétique et très rythmé en livrant une interprétation où la musique, le rap et le slam occupent une place importante.

« On l’a présenté pour la première fois en avril 2019. Après deux ans à se consacrer à ce projet [incluant un report d’un an à cause de la pandémie], enfin on peut le présenter au Prospero », se réjouit Antoine Pelletier, qui a parlé au journal Les 2 Rives quelques heures avant la grande première.

L’ancien étudiant du programme Arts, lettres et communication du Cégep de Sorel-Tracy s’avouait stressé de penser que Mourir tendre serait pour plusieurs personnes le premier spectacle qu’ils verraient depuis plus d’un an, mais savourait le privilège de jouer à nouveau devant un public. « On apprécie la valeur de ce moment et on est très prêts! Les billets se sont vendus rapidement : je pense que les gens avaient hâte de revoir de l’art vivant. »

Mourir tendre est une œuvre poétique abordant des thèmes durs, mais universels comme la condition humaine. « Perpétue veut à tout prix un enfant de son amoureux [Alexandre], malgré les injustices et la violence qu’elle a subies du père de ce dernier, l’obligeant à fuir. Personne ne peut l’empêcher de réaliser son désir et elle poursuit son errance sous les yeux d’un chœur de spectres insensibles à sa cause », peut-on lire au sujet de la pièce.

« L’écriture particulière et rythmée » de l’œuvre a convaincu Antoine Pelletier et ses collègues des Productions Erapop d’incorporer le rap à leur interprétation, une proposition qui a plu à Guy Régis Jr. « Il était dans la salle lorsqu’on a monté la première fois : il a tripé! »

Comme un album concept

C’est Antoine Pelletier qui signe la conception sonore de Mourir tendre. « J’ai voulu composer une musique épique et créer comme un album concept à la The Wall [de Pink Floyd]. Ça a été un défi stimulant et ça a poussé plus loin mon processus de création », soutient celui qui produit sa musique live sur scène.

Il précise toutefois que la version d’origine de Mourir tendre mettait de l’avant un chœur, qui a depuis été retiré vu le contexte actuel. Les chœurs sont donc préenregistrés pour l’occasion, mais cela permettra à la pièce de partir plus facilement en tournée une fois que la série de spectacles au théâtre Prospero sera complétée.

Dès les premières secondes de Mourir tendre, le ton est donné avec une musique omniprésente et une énergie qui n’est pas sans rappeler celle d’un vrai spectacle de musique. L’absence de décors met bien de l’avant les textes – poétiques, mais souvent crus – de même que leur interprétation sentie et très intense, guidant le public au fil de la pièce d’une heure jusqu’à une finale déconcertante.

« On a travaillé fort pour rendre ce matériel le plus accessible au grand public en utilisant les codes de la musique populaire pour le dynamiser et faire ressortir toute sa beauté », conclut Antoine Pelletier au sujet de cette création audacieuse.

Mourir tendre est présenté du jeudi au samedi au théâtre Prospero jusqu’au 1er mai. Au moment de l’entrevue, il ne restait déjà qu’une poignée de billets, mais il n’a pas été exclu que supplémentaires s’ajoutent éventuellement.

Pour plus de détails sur le spectacle ou pour se procurer des billets, on peut consulter le site theatreprospero.com.

Antoine Pelletier : acteur, dramaturge et musicien

La pièce de théâtre Mourir tendre n’était qu’un des nombreux projets qui mène de front le Sorelois Antoine Pelletier. L’artiste aux multiples talents a donné un bref aperçu de ce qui l’occupe en ce moment.

« Il y a trois trucs majeurs qui m’occupent en ce moment, énumère-t-il. Avec ma compagnie Productions Erapop, on travaille sur une coproduction de L’Histoire du soldat de Stravinsky, pour trois acteurs et sept musiciens. J’ai aussi reçu une bourse pour un film basé sur A, une pièce de théâtre que j’ai écrite sur le thème de l’amour pour les personnes LGBTQ, inspirée de vraies bribes trouvées sur les réseaux sociaux. Le film est complété et j’en suis maintenant à proposer le film à différents festivals. »

Le troisième grand projet d’Antoine Pelletier est la sortie prochaine d’un album musical à son nom. « Cet album de musique électro-acoustique, j’y travaille depuis novembre 2019. Je n’ai pas encore de date de sortie à annoncer, mais ça va venir », promet-il.

À noter qu’en plus d’être diplômé du Cégep de Sorel-Tracy et de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM, Antoine Pelletier est bachelier en philosophie. Il poursuit d’ailleurs actuellement sa maîtrise, toujours en philosophie. Comme quoi vraiment rien n’arrête cet artiste touche-à-tout!

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