8 août 2018
Un Sorelois souhaite démocratiser la domotique
Par: Jean-Philippe Morin
Yanick Léveillée n'a besoin que d'un assistant Google, d'une tablette et de quelques interrupteurs changés dans sa maison pour impressionner la visite. (Photo : Jean-Philippe Morin)

Yanick Léveillée n'a besoin que d'un assistant Google, d'une tablette et de quelques interrupteurs changés dans sa maison pour impressionner la visite. (Photo : Jean-Philippe Morin)

Yanick Léveillée n’a qu’à dire quelques mots et la lumière de son cabanon s’allume d’elle-même. Même s’il est au travail, il sait que sa porte de garage est ouverte grâce à une alerte envoyée directement sur son téléphone. Le Sorelois s’est toujours intéressé à la technologie, plus particulièrement la domotique, et il veut aujourd’hui en faire bénéficier d’autres personnes.

Selon le Petit Larousse illustré, la domotique est l’ensemble des techniques visant à intégrer à l’habitat tous les automatismes en matière de sécurité, de gestion de l’énergie et de communication. Tous ces éléments ont interpellé l’homme de 37 ans qui a lancé son entreprise Espace branché au début de l’année 2018.

« Tout le monde à qui je parlais de mon projet était impressionné par les possibilités que la domotique peut offrir. C’est plus abordable qu’on le pense et surtout, c’est sans fil », explique Yanick Léveillée.

Lors de la visite de notre journaliste, Yanick Léveillée n’a eu qu’une phrase à dire pour allumer la lumière de son cabanon : « Google, ouvre la lumière du cabanon ». Il n’a qu’à installer un interrupteur qu’il a commandé lui-même, le connecter à son système et le tour est joué. Son entreprise se spécialise dans l’offre de conseils en domotique, mais aussi dans l’installation de domotique dans le résidentiel, le commercial et pour les promoteurs immobiliers désireux de vendre des maisons neuves.

Le Sorelois a démarré son entreprise à Sorel-Tracy puisqu’il y voyait une opportunité d’affaires. Selon lui, à Montréal, des promoteurs immobiliers offrent déjà des condos domotisés aux clients. Dans la région, aucune offre du genre n’est disponible. Il est aussi présent pour démocratiser la domotique aux néophytes désireux de rendre leur maison intelligente.

« Quand je parle de domotique à Sorel, des points d’interrogation s’affichent dans les yeux du monde! dit-il en riant. J’adapte alors mon discours sur les maisons intelligentes et les objets connectés. Il y a un potentiel énorme dans la région. »

Connecter les objets

Une trentaine d’objets de sa maison sont connectés sur son système, que ce soit sa porte de garage, la thermopompe, le Playstation de ses enfants ou la dizaine d’interrupteurs dans la maison pour les lumières. « Et je suis loin d’exploiter tout ce que je peux exploiter! Tu n’as pas nécessairement besoin de faire toute ta maison. J’ai commencé avec un peu d’éclairage et je connecte de plus en plus d’objets au fil du temps », lance-t-il.

Il cite en exemple la fois où il était absent de la maison. Sa voisine l’a appelé puisqu’il lui manquait un œuf pour sa recette.

« J’ai vu son chum arriver devant chez moi sur la caméra projetée sur mon téléphone. Je lui ai ouvert la porte de garage et quand il est reparti, il m’a envoyé la main dans la caméra. Ça ressemble à un gadget comme ça, mais c’est pratique dans toutes sortes de situations », croit Yanick Léveillée.

D’autres exemples lui viennent en tête. « Ça m’envoie des alarmes quand ma porte de la cave s’ouvre. Si les enfants l’oublient et que le froid entre dans la maison, je le sais automatiquement lorsque ça fait une minute qu’elle est ouverte. Aussi, quand on va se coucher le soir, on pèse sur Aller au lit sur la tablette et tout reste allumé pendant 30 secondes le temps qu’on monte se coucher. Ensuite, tout se ferme, y compris la télé et les lumières. Je pourrais également gérer mon chauffage dans ma maison en remplaçant mes thermostats pour les intégrer à mon système, mais je ne suis pas rendu là. Ça peut aller très loin », énumère-t-il.

La domotique peut aussi avoir des avantages sur l’environnement. M. Léveillée a installé un détecteur de mouvement qui permet, lorsque quelqu’un monte les escaliers le soir, d’allumer la lumière à 60%. Elle s’éteint lorsque la personne n’est plus dans le champ du détecteur de mouvement.

« Pas besoin d’avoir la lumière dans le tapis, on veut juste voir quand on passe. La lumière allume seulement 45 minutes après le coucher du soleil, tout est programmé de la sorte. L’éclairage, on peut le voir comme un gadget, mais l’économie d’énergie est un énorme facteur. Dans une maison, ça peut être négligeable, mais dans un commerce, ça peut valoir la peine. Dans une école, les néons sont allumés toute la journée. Juste du DEL peut t’économiser 80% de l’énergie, puis le contrôle d’intensité peut te sauver encore quelques points de pourcentage, pendant, par exemple, la récréation. »

Un produit de luxe?

Le Sorelois s’est associé avec la compagnie HomeSere afin de rejoindre monsieur et madame tout le monde. « Je voulais quelque chose qui ne se vend pas en grande surface, que le biduleux va se débrouiller, mais je ne voulais pas non plus me lancer dans quelque chose de trop luxueux. Il y a moyen de faire entre les deux sans trop se ruiner et l’avenir est là », souligne-t-il.

Yanick Léveillée est tout de même honnête; il s’agit d’un produit de luxe. « Est-ce que d’avoir un iPad neuf est une nécessité? Non. Avoir un char neuf? Non plus. Des mags sur un char? Il vient avec des roues. Pourtant, il y a un marché pour ça. Il faut seulement que les gens soient bien informés pour comprendre les subtilités de ce marché », conclut-il.

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