26 juillet 2018
Reconnu coupable de fraude
Un résident de Massueville risque huit ans de prison
Par: Deux Rives

Alain Péloquin, au palais de justice de Longueuil (Photo: Denis Germain – Le Courrier du Sud)

Après six mois de procès devant jury, Alain Péloquin a été reconnu coupable, le 21 juillet de complot, fraude, gangstérisme et recyclage de produit de la criminalité entre janvier 2007 et mai 2011, au palais de justice de Longueuil.

Texte de Jonathan Tremblay, Le Courrier du Sud

Péloquin faisait partie d’une organisation criminelle de type Ponzi. Plus de 20 M$ ont été soutirés sous de faux prétextes auprès de plus d’une centaine d’investisseurs.

Le résident de Massueville agissait à titre de bras droit de la tête dirigeante de l’organisation et se présentait aux victimes comme un courtier immobilier.

« France-Josée Dancause et Alain Péloquin ont fait rouler la gamique d’un projet fictif pendant plus de six ans, a spécifié le procureur de la Couronne, Julien Tardif. Réussir à maintenir ce système pendant si longtemps relève de l’exploit criminel aux yeux du ministère public. »

Le stratagème consistait à faire croire aux investisseurs potentiels qu’elle et Alain Péloquin pouvaient faire l’achat et la revente de lots saisis à l’aide d’un contact privilégié au gouvernement, leur permettant de revendre à grand profit. Ils utilisaient leurs victimes pour blanchir l’argent et en perdre la traçabilité, les invitant même à convaincre parents et amis d’investir. L’argent de l’un servait à rembourser l’autre, ainsi de suite. Encore aujourd’hui, la faramineuse somme demeure introuvable et les victimes n’ont pas été remboursées.

Fabrication de faux documents, invention de personnages (un fonctionnaire fédéral) et manipulation d’un compte en fiducie ont également été réalisés par le duo. L’organisation comptait un avocat et une notaire afin de rendre la supercherie crédible.

Selon la Couronne, une somme de 1 209 806$ aurait été transigée dans les différents comptes bancaires de Péloquin et sa conjointe pendant cette période.

« Un actif pour la société »

Le 25 juillet avaient lieu les représentations sur sentence de cinq coaccusés.

Le procureur de la Couronne Julien Tardif a suggéré une peine globale de huit ans pour les méfaits de l’homme de 53 ans.

Son avocate, Me Annie Lahaise, a quant à elle demandé une dérogation aux sentences qui sont généralement attribuées en pareilles matières. Celles-ci varient entre six et 10 ans d’emprisonnement. Pour sa part, la défense a donc soumis une suggestion de deux ans, expliquant que son client était un actif pour la société et qu’il ne nécessitait pas de réhabilitation.

« Mon client est père de cinq enfants et est le pourvoyeur de sa famille », a indiqué son avocate.

Soutien de son beau-frère

Alain Péloquin travaille présentement pour la compagnie agricole Stabulation Expert, desservant Massueville et Plessisville.

Son beau-frère Félix Tremblay, qui y travaille aussi, a soutenu qu’Alain Péloquin continuait de travailler au sein de la compagnie de soir et de fin de semaine malgré les procédures judiciaires. Il a témoigné de l’importance de Péloquin aux opérations de l’entreprise.

« Il s’occupe de rencontrer les clients », a souligné M. Tremblay. Il a également mentionné que les opérations de la compagnie seraient complexes advenant l’absence de Péloquin.

Absolution inconditionnelle

La conjointe de Péloquin, Isabelle Cantin, qui lui a prêté ses comptes bancaires à des fins illégales, a obtenu une absolution inconditionnelle à un chef de recyclage de produit de la criminalité.

Cette dernière a reconnu avoir été impliquée au moment de procéder à l’achat d’une propriété de 250 000$ à Sherbrooke.

Alain Péloquin et sa conjointe habitaient à Sherbrooke au moment des faits. Ils résident présentement dans la municipalité de Massueville.

Le début des procédures judiciaires a eu lieu en 2013. Péloquin était sans antécédents.

La sentence sera rendue le 2 août.

Poursuite de l’Autorité des marchés financiers

En plus des accusations criminelles, le couple Alain Péloquin et Isabelle Cantin a été poursuivi par l’Autorité des marchés financiers pour avoir agi comme courtiers en valeurs mobilières sans en être autorisé. Cantin a également perdu une bataille civile de 410 000$ dans cette affaire et sa maison a été saisie.

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