7 octobre 2020
Inspirée par les vagues de dénonciation face aux violences sexuelles
Un premier roman axé sur les injustices pour l’autrice Myriam Vincent
Par: Katy Desrosiers

L’autrice Myriam Vincent, originaire de Contrecœur, a lancé son premier roman Furie le 29 septembre. Photo Jean Turgeon

Le roman Furie de Myriam Vincent raconte une histoire de vengeance, inspirée des vagues de dénonciations face aux violences sexuelles. Photo gracieuseté

L’autrice Myriam Vincent, originaire de Contrecœur, a lancé son premier roman Furie le 29 septembre. Celle qui est également éditrice pour la maison d’édition Poètes de brousse s’est inspirée des vagues de dénonciations des violences sexuelles faites aux femmes pour rédiger son histoire.

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Le livre raconte la vie de Marilyn, dans la vingtaine, étudiante le jour et tueuse à gages la nuit. Cette dernière s’est lancée dans les meurtres liés à des crimes sexuels afin de venger son amie Julie s’étant fait violer et qui n’a jamais réussi à obtenir justice avec le système traditionnel. Après avoir vengé son amie, elle se rendra compte que trop d’injustices subsistent et continuera à faire régner la justice de sa façon.

« Les études, c’est une façade et c’est pour constituer un plan B. C’est une suite d’événements qui fait qu’elle s’est retrouvée là, mais elle se dit qu’elle ne veut peut-être pas faire ça jusqu’à 52 ans. Elle a une incertitude par rapport à la moralité », raconte l’autrice.

La thématique de la justice

Myriam Vincent a toujours été fascinée par les bandes dessinées dans lesquelles on raconte l’histoire de héros qui agissent en justiciers. Cette fascination s’est poursuivie à l’âge adulte entre autres avec le renouveau des films de Marvel et différentes séries sur Netflix. Elle trouvait donc intéressant d’explorer la figure justicière en création.

Pour ce qui est de la question des violences sexuelles, l’autrice a été inspirée par les vagues de dénonciations, dont la première qu’elle a vécue de près en 2014, #AgressionNonDénoncée.

Elle étudiait à l’Université du Québec à Montréal et plusieurs professeurs avaient été accusés.

« Et il ne s’est absolument rien passé après. C’est là que j’ai pris conscience peut-être de façon plus concrète que quand on est agressé, violé ou seulement harcelé par une personne en position de pouvoir, il est quasiment impossible d’obtenir justice. Des victimes ont témoigné et ont eu des répercussions très graves sur leur vie personnelle, professionnelle et académique. Ç’a comme fait bouillir quelque chose en moi, un sentiment d’injustice, qui m’a suivie avec les autres vagues de dénonciation #MeToo en 2017 et celle dans le domaine artistique cet été », explique-t-elle.

Par rapport à la vague de 2014, elle souligne que plusieurs femmes ont avoué que dans les années 80 et 90, la situation était la même.

« Ç’a m’a frappée à quel point on n’évolue pas. Et donc, quand est venu le temps de créer un personnage de justicière, c’était sûr que l’injustice à laquelle je voulais m’attaquer était celle des violences sexuelles », ajoute Mme Vincent.

Le roman de presque 400 pages, publié sous la maison d’édition pour laquelle elle travaille, s’adresse à tous. Bien que l’autrice croit qu’il pourrait intéresser davantage les femmes, elle soutient qu’il est pertinent comme lecture pour les hommes.

« J’ai essayé de représenter à quel point la violence sexuelle et la menace de violence sexuelle est présente dans la vie de toutes les femmes. À quel point cette violence-là est grave, même si elle est souvent banalisée », souligne l’autrice.

Myriam Vincent a bien aimé son expérience de création pour son premier roman et compte en écrire d’autres. Pour l’instant, elle se concentre sur métier d’éditrice. « J’ai la chance d’avoir deux jobs qui se conjuguent bien. Le travail d’éditrice me nourrit. C’est super inspirant de travailler avec d’autres auteurs. Ça me donne le goût d’écrire encore plus! », lance-t-elle.

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