11 mai 2015
Un premier pas vers le rapatriement de l’Iroquois
Par: Louise Grégoire-Racicot

Le destroyer Iroquois, qu’un groupe de la région planifie ramener à Sorel-Tracy comme site d’exposition, a été mis au rancart – décommissionné dit la marine – à Halifax, le 1er mai dernier, après 43 ans de services à l’occasion d’une cérémonie protocolaire.

« Les chances de ramener ce destroyer à Sorel-Tracy sont encore meilleures maintenant que le navire ne fait plus partie de la marine canadienne », affirme Germain Martin, l’un des promoteurs du projet avec Denis St-Martin, René Cournoyer et Guy Durand.

La Corporation du site historique maritime de Sorel-Tracy qu’ils ont formée compte bien s’en porter acquéreur. Elle a d’ailleurs reçu une lettre du ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, en date du 29 avril, leur confirmant que des officiers supérieurs de la marine étudient le dossier. « Une rencontre est prévue en juin pour étudier toute éventualité », a dit M. Martin.

Construit au chantier naval de Marine industries Limitée, l’Iroquois avait été mis en service en juillet 1972. Il était un des seuls navires de guerre qui ont des systèmes de missiles de défense aérienne à longue portée.

Il a été le navire amiral de la flotte canadienne, son navire de commandement, depuis 40 ans. Il a été de toutes les missions et exercices de l’OTAN. Il a aussi participé à des opérations antiterroristes en mer d’Oman, après septembre 2001.

Rappelons qu’en novembre 2014, le deuxième haut gradé de la Marine royale canadienne, le contre-amiral Gilles Couturier, invité des Amis de la bonne entente, avait souligné devant plus de 250 personnes que sa mise au rancart s’expliquait par les coûts trop onéreux d’une mise à niveau de ses équipements.

M. Couturier n’a pas manqué de louanger l’Iroquois, dernier destroyer qui atteint la fin de sa vie utile. « Je n’ai qu’un souhait: que ce bateau rentre à la maison après avoir été désarmé, parce qu’il constitue une partie de votre patrimoine industriel », avait-t-il mentionné.

En quête de subventions

Les promoteurs désirent mettre en valeur ce navire témoin de la construction navale et du patrimoine industriel sorelois ainsi que du travail de milliers de Sorelois affectés à la construction navale au fil des ans.

Début octobre, ils avaient déjà obtenu un engagement unanime du conseil municipal sorelois que le destroyer pourra être amarré à l’un des quais municipaux – quai #2 ou quai Richelieu.

Ils affirment que ce destroyer ajoutera aux attraits touristiques de la région et saura intéresser des gens à l’histoire maritime.

Bien sûr, dit M. Martin, ce bateau devrait être accompagné d’un chèque important de la part du fédéral, ne serait-ce que pour le remorquer jusqu’à Sorel-Tracy, l’amarrer de façon sécuritaire puis l’aménager.

« Détruire un destroyer de même taille avait coûté à la marine 4,5M$ il y a quelques années. Nous le donner et payer les aménagements que nous prévoyons coûterait certes moins cher et sera meilleur pour l’environnement que de le couler au large, comme le précédent », argumente-t-il.

« L’Iroquois doit revenir dans sa ville natale » – le maire Serge Péloquin

La ville de Sorel-Tracy emboite le pas aux promoteurs qui désirent rapatrier le destroyer Iroquois à l’un de ses quais.

« Je réitère cet appui, au moment où la marine a proclamé l’aliénation du bateau et examine les options pour s’en départir. Ce bateau doit revenir dans sa ville natale », dit le maire Serge Péloquin.

La Ville fournira son quai d’accueil ainsi que les infrastructures (électricité, eau) pour l’accommoder, dit-il.

« L’intérêt est que ce bateau témoigne du patrimoine industriel de notre région. Des travailleurs qui l’ont construit sont toujours vivants et souhaitent aussi qu’ils reviennent. »

Ce faisant, Sorel-Tracy rendra accessible un bateau de guerre à l’ensemble des Canadiens intéressés à en voir un de près. « Car il offre un potentiel touristique intéressant. »

Il s’ajoutera à la réfection que la Ville compte faire aux immeubles du 88, rue de la Reine et du 2, rue Charlotte et aux aménagements dont elle a confié l’approche au Centre des arts contemporains du Québec.

L’organisme, a d’ailleurs révélé le maire, a désormais pignon sur rue au 207 Prince, partageant les locaux avec les organisateurs du 375e anniversaire de Sorel, le temps de la mise à niveau de l’ancienne ambassade.

Ces travaux sont déjà commencés, tout comme ceux de l’aménagement du quai numéro 2, se réjouit-il.

« D’ailleurs, le rapatriement de l’Iroquois jumelé aux projets de l’Écomonde et du Centre des arts contemporains du Québec font dire aux gens de la Route Richelieu que nous disposerons ici des plus importants attraits touristiques du Richelieu dont les usagers viennent tant du Québec que de l’Ontario et des États-Unis. »

Voilà pour quoi il scande que la ville est derrière cette initiative du retour de l’Iroquois dans la région.

« Les promoteurs sont à réaliser leur plan d’affaires. Pas question pour nous de reculer mais plutôt de bien faire comprendre aux Forces canadiennes que nous sommes fort intéressés par ce projet. »

On n’est plus dans l’élaboration de projets mais bien dans l’action, conclut-il.

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