11 septembre 2015
Un père réclame un protecteur de l’élève par commission scolaire
Par: Louise Grégoire-Racicot
Éric Pettersen continue son combat contre l’intimidation | Photo TC Média - Pascal Cournoyer

Éric Pettersen continue son combat contre l’intimidation | Photo TC Média - Pascal Cournoyer

Le Sorelois Éric Pettersen ne lâche pas le morceau: il a mis en circulation une pétition sur le site de l’Assemblée nationale du Québec réclamant que chaque commission scolaire engage un réel protecteur de l’élève. Le député Sylvain Rochon l’accompagne dans cette démarche.

:« Je vise rassembler 100 000 signatures d’ici décembre car je suis convaincu que seul un protecteur de l’élève pourra mettre fin à l’intimidation et à l’abus de pouvoirj dans les écoles », confie-t-il.

Cette idée l’habite depuis le suicide de sa fille, en mars 2014. Une épreuve qui l’a vite amené, après avoir constaté les difficultés qu’elle a traversées à l’école, de prendre la parole sur les ondes des réseaux nationaux parlés et écrits, pour dénoncer cette situation.

« En août 2015, voyant la rentrée scolaire arriver, je me suis désolé, comme l’an dernier, de voir que rien n’a encore été fait pour contrer ces actes dans les écoles. Je demande maintenant, pour faire bouger le gouvernement et surtout pour la vie des jeunes, que les gens s’engagent en ce sens », a-t-il expliqué.

Une demande claire

Ses prémisses sont simples: toutes les actions entreprises jusqu’à maintenant sont vaines. Suicides et décrochage scolaire continuent. Pourtant, d’autres groupes, comme les malades ou les étudiants universitaires, bénéficient de la présence d’un ombudsman dans leurs institutions alors que dans les commissions scolaires, la démarche est d’une complexité telle qu’elle décourage les élèves et les parents. De plus, le traitement des plaintes dans les commissions scolaires peuvent entrainer des conflits d’intérêts.

Ces protecteurs, précise la pétition, doivent pouvoir être joints directement par téléphone par les parents ou l’élève. Qu’ils relèvent directement du ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Qu’ils soient l’option de première ligne d’acheminement d’une plainte dans une école et une commission scolaire.

La date limite pour signer cette pétition est le 24 novembre. Elle est disponible à https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-5535/index.html.

Des responsabilités additionnelles pour Rochon

Appelé par son chef à porter, outre le dossier des aînés, celui de l’intimidation, M. Rochon a emboité le pas à M. Pettersen et déposé la pétition à l’Assemblée nationale. Elle est en ligne et déjà une centaine de personnes l’ont signée.

« Chaque geste compte », a dit le député invitant ses commettants à lui faire part de leurs réflexions, de leurs commentaires sur la messagerie de sa page Facebook ou en s’adressant à son bureau.

L’intimidation peut prendre plusieurs formes et toucher tous les milieux, a-t-il rappelé. « Et si elle est présente à l’école, elle peut l’être aussi dans son milieu de travail et dans son milieu de vie. Et maintenant, sur les réseaux sociaux. C’est un phénomène omniprésent qui crée beaucoup de détresse et qu’il faut à tout prix combattre. »

L’intimidation, rappelle-t-il dans un communiqué, s’inscrit toujours dans un rapport de force inégal. « Elle est intentionnelle et répétée. Que ce soit par un geste, une parole, un comportement, elle vise à blesser, faire peur, exclure ou insulter une autre personne ou un autre groupe. Ça nous concerne toutes et tous individuellement et collectivement. Et nous devons chercher par tous les moyens à y mettre fin. »

Des lecteurs réagissent déjà sur Facebook

À la question – que pensez-vous de l’initiative du citoyen de Saint-Joseph-de-Sorel, Éric Pettersen, de déposer cette pétition, des lecteurs ont répondu:

– L’intention est très bonne, mais je crois qu’il y a déjà suffisamment de personnel en place dans les commissions scolaires. En vrai, je ne sais pas exactement ce que serait la description de tâches de cette personne, mais tout le monde à la base devrait revêtir un peu de ce rôle de « protecteur de l’élève ». On a déjà beaucoup avancé, et il y a beaucoup de conscientisation qui est faite auprès des élèves, je crois qu’il y aurait beaucoup d’autres ressources à ramener dans les écoles avant tout.

— Annick Morin

– Je suis d’accord avec lui. Ayant déjà été victime d’intimidation, je n’ai pas eu d’aide. Je souhaite juste qu’il y ait plus d’aide dans les écoles pour empêcher les jeunes de se suicider ou de se retirer des études. »

— Sophie Chauvette Lussier

– Je suis absolument pour! Il faut que l’intimidation cesse dans nos écoles et dans la vie de tous les jours, les gens devraient vivre sainement et sans fardeau! Bravo M. Pettersen pour votre initiative! Je vous encourage! »

— Sandra Kane

– Belle initiative de sa part! Maintenant reste à espérer que sa demande faite aux noms de tous les parents soit entendue et surtout prise en considération. Il se doit d’y avoir du changement dans les méthodes utilisées pour arriver à de meilleurs résultats. Bravo M. Pettersen! »

— Paty Bo

– Il existe déjà un protecteur de l’élève qui est très impartial, donc pourquoi en ajouter?

— Marie Céline Gauthier

– J’aime bien penser que les parents sont aussi les protecteurs des élèves! Même si la cause est excellente, il y a trop de problèmes à régler dans nos écoles pour que le gouvernement tienne compte de la pétition.

— Julie Letendre

– Moi je dis que ça va se régler quand le parent de l’intimidateur va se bouger les fesses et de casser ce comportement, car l’école ne peut pas toujours prendre ce rôle. Protecteur ou non, ça ne va rien changer à part coûter cher.

— Geneviève André-Mayer

– Je suis d’accord. Efficace ou non, cela ne peut pas nuire. Il faut protéger nos jeunes. En tant que citoyen, chaque geste compte. Nous devons tout tenter pour venir en aide aux victimes. C’est notre responsabilité à tous, protégeons nos jeunes et NON à l’intimidation. Bravo M. Pettersen.

— Lucie Descôteaux

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