16 juin 2021
Un partenariat modifié pour pérenniser les activités
Par: Katy Desrosiers

La Colonie des Grèves offre un endroit de loisirs et de culture où enfants de tous horizons peuvent se développer et s’épanouir. Photo gracieuseté

Un partenariat sur deux ans entre Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) et la Colonie des Grèves permettra à l’organisme de relancer ses activités avec les coudées franches. Toutefois, ce partenariat est en réalité un plan B, dans l’impossibilité d’en développer un plus important impliquant un terrain récemment acheté par l’entreprise.

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En avril, Rio Tinto Fer et Titane a acheté à la Colonie des Grèves un terrain de plus de 100 000 pieds carrés. Selon un porte-parole de RTFT, cet achat devait s’inscrire dans la relance de la Colonie des Grèves afin de lui permettre de réaliser sa mission.

À ce moment, le conseil de ville de Contrecœur a adopté un règlement ayant pour but d’interdire l’abattage d’arbres dans cette zone en permettant à la Ville de diminuer de 20 % à 0 % cette activité.

La Ville a aussi maintenu l’imposition de sa réserve foncière sur les immeubles situés sur les terrains de la Colonie de Grèves et sur ceux des alentours ne lui appartenant pas ou plus afin d’en faire une aire de conservation naturelle. Le conseiller Denis-Charles Drapeau avait aussi manifesté son inquiétude, en séance du conseil.

Un plan B

Le président du conseil d’administration de la Colonie des Grèves, Yves Beaulieu, mentionne que le partenariat est finalement sous la forme d’une contribution financière importante. La proposition initiale a été mise en veilleuse en raison des décisions de la Ville.

« On se rabat sur ce plan qui nous permet de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Les gens de Rio Tinto sont très collaborateurs et intéressés dans l’avenir de la Colonie. Mais comme on ne pouvait pas réaliser le projet élaboré, ils ne voulaient pas nous laisser en plan et donc, ils sont arrivés avec ce plan B », souligne M. Beaulieu.

Le président du CA maintient que le projet initial était extraordinaire et que personne chez RTFT n’avait vu quelque chose de semblable. Malgré le changement de plan, l’entreprise désirait appuyer la Colonie, dans une optique de relation à long terme.

« Je vais m’impliquer personnellement et nous serons présents pour appuyer la Colonie des Grèves et construire l’avenir, mentionne via un communiqué le directeur exécutif, Opérations primaires de RTFT, Jean-François Nadeau. Par cet engagement, nous souhaitons aussi contribuer au développement et au rayonnement du Parc régional des Grèves en collaboration avec les partenaires régionaux. »

Des discussions ardues

Yves Beaulieu a déjà étédirecteur général à la Ville de Contrecœur. Lors de son passage, il souhaitait que la population s’approprie et bénéficie du terrain de la Colonie, mais jamais de façon indue.

« Je ne dis pas que c’est ce que la Ville fait, avance-t-il. Mais on est dans une période durant laquelle on devrait normalement être en train de discuter pour voir si on peut s’entendre sur un modus operandi, si on est capable de s’entendre sur un éventuel prix d’acquisition si tel est l’objectif de la Ville et qu’elle ne veut pas s’en défaire. On va essayer de leur faire valoir nos arguments pour lesquels ça ne devrait pas se faire. »

Des rencontres auraient eu lieu entre l’entreprise et la Ville, mais selon les informations de M. Beaulieu, il n’ y a pas eu de connexion entre les deux parties.

Si jamais la Ville change de position, il croit que le partenariat initial pourrait revenir dans les plans. « On pourrait révolutionner le monde avec un partenariat Ville, Rio Tinto et Colonie, avec le site qu’on a et le potentiel de développement de la Colonie. Ça fait 15 ans que je suis impliqué auprès de la Colonie et le seul mot d’ordre, c’est qu’il faut trouver de l’argent parce que les bâtiments tombent en ruine. On avait une solution qui permettait de régler une bonne partie des problèmes financiers. Là, on se fait tirer le tapis sous les pieds parce pour une partie de la solution, on ne perçoit pas la menace de la même manière », admet M. Beaulieu.

Par écrit, la Ville de Contrecœur avance que son désir est de protéger l’habitat du lot 902 dans son intégralité et de préserver ce lieu naturel pour la population. Elle soutient ne rien avoir contre l’appui de RTFT envers la Colonie des Grèves et dit continuer de soutenir depuis toujours la mission de l’organisme pour pérenniser ses opérations.

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