6 novembre 2018
Un mauvais choix de matériau entraine un affaissement de la route à Saint-Aimé
Par: Sarah-Eve Charland

L'affaissement de la chaussée a été observé cet été sur le rang Bord-de-l'Eau à Saint-Aimé. (Photo : Gracieuseté)

L'affaissement de la chaussée a été observé cet été sur le rang Bord-de-l'Eau à Saint-Aimé. (Photo : Gracieuseté)

Le rang Bord-de-l’Eau à Saint-Aimé s’est affaissé à nouveau cet été en raison du mauvais choix de matériau par la firme d’ingénieur lors des travaux de stabilisation du talus. Les ministères assurent qu’il n’y aurait plus de risque à la suite de nouveaux travaux qui se sont terminés dans les dernières semaines.

En août, la Municipalité a constaté un affaissement de la route à l’endroit où une parcelle avait été stabilisée au début de 2018, soit près de quatre ans après un important glissement de terrain. Ce glissement avait emporté une partie de la route, de 25 mètres par 15 mètres, dans le ruisseau des Sœurs à quelques mètres du ponceau.

Selon la Municipalité, l’argile dans le sol a bougé. Le relationniste de la Sécurité publique, Patrick Harvey, a souligné que la méthode finale utilisée pour stabiliser le talus et approuvée par le Ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports (MTMDET) a été respectée par la firme d’ingénieurs engagés par la municipalité. Cependant, le problème survenu est relié au choix du matériau utilisé lors du remblaiement du site. Il n’était pas conforme aux exigences administratives du ministère, ce qui a provoqué un autre glissement.

La Municipalité a embauché cette firme d’ingénieur afin d’effectuer les travaux à la suite du glissement de terrain en 2014. Les plans et devis préparés par la firme ont été contre expertisés à plusieurs reprises par le MTMDET. Ce dernier travaille conjointement avec le ministère de la Sécurité publique comme expert-conseil en mouvement de sol.

« Pour ce qui est de la méthode remblaiement, il est du ressort de la firme d’ingénieurs de voir à respecter les règles mentionnées dans le cahier des charges et devis généraux. Comme la méthode de remblaiement est bien identifiée dans le cahier des charges et devis généraux, il est important de mentionner que le MTMDET n’est jamais consulté lors de cette étape », précise M. Harvey.

Des travaux d’urgence

À la suite de l’affaissement de la chaussée cet été, presque tout le matériel ayant servi pour le remblaiement initial a été retiré afin de le remplacer par un autre matériau qui respectait les exigences ministérielles.

« On a demandé à la firme d’effectuer des travaux d’urgence, affirme le maire de Saint-Aimé, Denis Benoit. On a fermé complètement la route par mesure de sécurité. Le but était d’ouvrir la route le plus rapidement possible. On a eu une voie de contournement pendant quatre ans. On ne voulait pas revivre ça. On espère ne pas avoir d’autres problèmes. »

Les ingénieurs du MTMDET se font rassurants concernant la pérennité des travaux à la suite des correctifs. Le ministère de la Sécurité publique n’assumera aucun coût pour les travaux à la suite de l’affaissement. Il avait contribué à financer les premiers travaux.

La Municipalité n’a pas encore reçu les factures liées à ces nouveaux travaux, mentionne la directrice générale de Saint-Aimé, Karine Lussier. À savoir comment la facture sera réglée, rien n’est défini.

Des fissures inoffensives

Des fissures ont été observées sur le rang Bord-de-l’Eau près des sites de glissement de terrain. Le conseil municipal a mandaté, lors de la séance d’octobre, une firme d’arpentage afin de vérifier la stabilité de la route. Mme Lussier assure que ces fissures ne sont pas liées aux glissements de terrain.

« Ces fissures ne sont pas alarmantes. On a demandé d’effectuer des relevés d’arpentage pour rassurer la population », ajoute-t-elle.

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