21 mars 2017
Un investissement qui frise le double des prévisions pour la Ville
Par: Deux Rives
Pascalin Raynault et Serge Péloquin, au site de l’héliport, lors de l’annonce du projet en septembre 2016. | Photo: TC Média – Julie Lambert

Pascalin Raynault et Serge Péloquin, au site de l’héliport, lors de l’annonce du projet en septembre 2016. | Photo: TC Média – Julie Lambert

Le conseil de Ville de Sorel-Tracy a octroyé un contrat de 1 109 195$ à la compagnie Sellig PGC Inc. pour les travaux de mise à niveau de l’immeuble de l’héliport du quai no 2. L’estimation de départ était pourtant de 576 000$ dans une résolution approuvée le 15 août 2016.

Ce projet a pour but d’accueillir entre les murs du bâtimentH de l’héliport un cabaret-resto-bar appartenant à Pascalin Raynault, le filsde la célèbre chanteuse Ginette Reno. Le restaurant, qui prévoit la création de35 emplois, devrait voir le jour en juin 2017.

Malgré un vote significatifà quasi-unanimité des conseillers avant la séance publique du 21 mars, certainsd’entre eux ont ajouté leurs opinions ou quelques nuances devant les citoyens.

C’était le cas de laconseillère Sophie Chevalier, qui se désolait d’être la seule à s’être opposéeau contrat. Elle reproche à la Ville d’avoir passé d’une estimation à une quifrôle le double du montant initial.

« Je me rallie à mescollègues. Je ne suis pas contre le projet, loin de là, a expliqué SophieChevalier. Je trouve seulement que ça a cafouillé dans ce dossier. Je ne saispas comment on en est rendu là. […] Je trouve que dans ce dossier, on paraîtmal. Je pense qu’il faudra qu’on fasse preuve de rigueur à l’avenir et qu’ons’assure que ces coûts ne seront pas dépassés. »

Selon les explications du maire Serge Péloquin, le montant de départ en était un approximatif afin d’aller de l’avant dans le projet avec M. Raynault. La finalisation des projections réalisées par les ingénieurs spécialisés a soulevé de nouvelles sommes se rapprochant davantage des appels d’offres auxquels le conseil de Ville s’est frotté.

« Il serait mieux à l’avenir de travailler avec l’œuvre complète dans l’analyse plutôt que d’avoir un chiffre qui crée une confusion, on en convient, a expliqué le maire. On le fera d’une façon plus structurée et complète à l’avenir. »

Lors de la période de questions des citoyens, Yanick Caisse, courtier immobilier, a demandé à entendre la motivation des conseillers à voter pour un contrat de ce montant, ce à quoi le maire Péloquin s’est empressé de répondre.

« On a adopté un contrat basé sur le développement économique, a-t-il rappelé. On a jugé bon la poursuite, non seulement de la revitalisation du centre-ville de Sorel-Tracy, mais aussi du développement du parc Regard-sur-le-Fleuve et de la création d’emplois. Un promoteur est intéressé à développer et à investir chez nous. »

Visiblement pas satisfait de la réponse du maire, M. Caisse, qui aurait préféré comprendre le raisonnement des autres conseillers, a laissé savoir son questionnement, mentionnant au passage son doute sur la rentabilité du projet et les prédictions d’achalandage.

« Vous ne trouvez pas que ça rentre en compétition avec ceux qui investissent dans le centre-ville?, a demandé Yanick Caisse. Est-ce que c’est un luxe à 1,2 million de soutenir une entreprise privée en restauration lorsqu’on sait que 20% des restaurants qui vont franchir le cap des trois ans d’existence? »

« On ne soutient pas un restaurant, on loue un espace », a rétorqué Serge Péloquin.

Ce qu’ils ont dit

D’autres conseillers se sont prononcés sur le sujet en fin de conseil. Yvon Bibeau a réitéré son appui au projet.

« Comment les gens peuvent-ils ne pas être fiers d’un conseil municipal qui fait en sorte que leur infrastructure va leur rapporter et qui va se payer, a commenté M. Bibeau. On a un bail pour cinq ans. Monsieur Raynault va payer l’électricité, le mazout, l’entretien. D’autant plus qu’il va laisser tout ce qu’il y a à l’intérieur à la municipalité. »

Pour sa part, Patrick Péloquin a nuancé ses propos, expliquant qu’il offrait son appui au projet en raison du potentiel d’offre touristique. Il déplore toutefois le manque de rigueur des prédictions budgétaires.

« L’ambivalence provient de la prévision budgétaire qu’on a faite, a-t-il commenté. On l’a fait sur une évaluation incomplète qui correspond à la structure du bâtiment. L’intérieur n’avait pas été évalué. Je trouve que ça paraît mal qu’on arrive avec un double comme si les coûts avaient explosés, a-t-il ajouté. On est dans les prix du marché, mais en termes de préparation budgétaire, il aurait fallu être plus juste. »

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