30 septembre 2014
Un fleuve à protéger
Par: Deux Rives
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Lettre ouverte de Louis Plamondon, député de Bas-Richelieu–Nicolet –Bécancour

Il y a un an, il était interdit à des navires de plus de 32 mètres de large de remonter le Saint-Laurent, une fois qu’ils avaient dépassé Québec. Depuis, la règlementation a changé et un navire de 44 mètres de large, d’une capacité de 61 341 tonnes, a accosté la semaine dernière à Sorel-Tracy, pour recueillir des dizaines de milliers de tonnes de pétrole brut. Il est le premier navire de transport maritime de pétrole aussi gros à parcourir la route entre Québec et Montréal. Bien que ce type de navires ne sera rempli qu’aux deux tiers, car il risquerait de toucher le fond, il faut se questionner sur l’apport économique et sur la protection de notre environnement.

Le Saint-Laurent possède un écosystème riche et fragile qui constitue un patrimoine exceptionnel. Autour de ses ressources est né un développement économique structurant pour les régions du Québec. Plus de 80% de la population du Québec vit actuellement sur ses rives.

La population de la circonscription de Bas-Richelieu–Nicolet–Bécancour est au centre de ce débat sur le transport des matières dangereuses, sur notre territoire et sur notre partie du fleuve. C’est pourquoi nous devons nous assurer que le transport de ce pétrole par voie maritime est sécuritaire et qu’un plan adéquat et efficace est prévu en cas de sinistre pour la totalité du chargement des navires.

Malheureusement, en 2010, la vérificatrice générale avait été très critique face à la capacité d’intervention du fédéral en cas de déversement de pétrole en milieu marin. En novembre 2013, un rapport d’experts, déposé à la ministre fédéral des Transports, sur le régime actuel de préparation et d’intervention en cas de déversements d’hydrocarbures par des navires au sud du 60e parallèle, identifie le fleuve Saint-Laurent comme un des «secteurs présentant le risque le plus élevé de déversements d’hydrocarbures importants». Le taux de récupération mécanique, dans des conditions optimales, se situerait entre 5% et 15% des hydrocarbures déversés. Certes, le fédéral oblige les compagnies pétrolières à pouvoir faire face à un déversement de 10 000 tonnes d’hydrocarbures en 72 heures. Mais le navire-citerne qui nous concerne a une capacité de plus de 61 000 tonnes, et même s’il n’est rempli qu’à 40 000 tonnes, nous avons un sérieux problème d’intervention d’urgence en cas de déversement! Une situation inacceptable!

L’incapacité du fédéral à assumer son rôle convenablement sur le Saint-Laurent doit être corrigé avant d’envisager de telles démarches, incluant 1) l’augmentation de l’affluence de pétroliers sur le Saint-Laurent 2) le passage de superpétroliers dans l’estuaire du fleuve. Il doit obligatoirement augmenter ses normes préventives et de capacité d’action en cas de sinistre afin d’obliger les compagnies pétrolières à faire face à un déversement de 60 000 tonnes d’hydrocarbures dans un délai le plus court possible et selon le type de carburant transporté par les navires. C’est la moindre des choses!

Il est possible de consulter le plan d’action du Bloc Québécois pour l’avenir du Saint-Laurent, «Un Saint-Laurent – Pour la suite du monde», que vous pouvez consulter en ligne, www.blocquebecois.org.

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