2 juin 2015
Un faible taux de naissance amortit la croissance de la population
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le nombre de naissances a varié de 375 à 402 au cours des cinq dernières années. | TC Média - Archives

Le nombre de naissances a varié de 375 à 402 au cours des cinq dernières années. | TC Média - Archives

Même si les femmes de la région ont donné naissance à 402 enfants en 2014, ce nombre n’était pas suffisant pour combler les vides laissés par le décès des 567 personnes, l’année précédente.

L’histoire se répète ainsi depuis plusieurs années. Le nombre de naissances a varié entre de 375 à 402, entre 2010 et 2014.

Moins de naissances

L’indice de fécondité des femmes, dans la MRC de Pierre-De Saurel, est plus bas que celui du Québec et passablement plus bas que celui de la Montérégie, souligne le démographe Frédéric F. Payeur de la Direction des statistiques sociodémographiques de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Alors que de 2006 à 2013, les Québécoises ont eu en moyenne 1,69 enfant, celles de la Montérégie ont donné plus de naissances encore (1,77 enfant/femme) alors que dans la MRC de Pierre De-Saurel, ce taux n’est que de 1,54 enfant/femme. Le taux le plus bas de la Montérégie d’ailleurs. Ces données sont compilées à partir des actes de naissance enregistrés au cours de l’année, précise-t-il.

Le démographe estime que la MRC de Pierre De-Saurel est une de celle qui devrait croître le moins vite au fil des ans. Déjà l’âge moyen estimé de ses citoyens sera de 48,9 ans en 2016. Une moyenne d’âge beaucoup plus élevée que les 16 autres MRC de la Montérégie.

« Le nombre des 20 à 64 ans a diminué de 19% au cours des ans. Sans compter que le vieillissement de la population s’accélérera chez vous, comme au Québec, les baby-boomers atteignant en grand nombre la soixantaine. Ce n’est que vers 2030 que le tout devrait se stabiliser », estime-t-il.

Le défi relèvera principalement des perspectives d’emploi, avance-t-il.

Miser sur la migration

Les 20 prochaines années ne sont pas plus roses qu’il le faut, à moins que le flux de nouveaux arrivants continue d’augmenter, note M. Payeur. Ces nouveaux arrivants venus s’installer dans la MRC de Pierre De-Saurel compensent jusqu’à un certain point l’écart négatif entre naissances et décès.

En 2013-2014, il s’élève à 192. Les 20 à 24 ans continuent de quitter la région. Seule autre tranche d’âge au solde négatif, celle des 25 à 29 ans.

Cependant, l’arrivée de familles avec enfants atténue ces déficits, note M. Payeur. Un bon nombre ont de 25 à 44 ans.

Intéressant de noter que même si on dit que plusieurs personnes retraitées vendent leur maison pour s’installer dans la région, leur nombre n’a progressé que de 28.

Aux municipalités d’y voir

C’est en peaufinant des services et en cultivant un environnement de qualité que les municipalités pourront attirer de nouveaux citoyens et contribuer à la croissance démographique de la MRC de Pierre-De Saurel, disent les maires de Sorel-Tracy, Serge Péloquin et de Saint-Roch, Claude Pothier.

C’est un défi qui leur appartient et non celui de la MRC, dit son préfet Claude Pothier.

Tous deux ont notamment misé sur les congés de taxes accordés aux nouveaux propriétaires de maisons neuves pour favoriser l’arrivée de nouveaux citoyens sur leur territoire.

Un milieu doit être attrayant, avance M. Péloquin tant par des projets que des services existants. Même chose pour le milieu rural, reconnait M. Pothier: « Il ne suffit plus d’avoir une église, une caisse ou une école pour que les gens s’installent chez toi. Il faut penser des services qui répondent à leurs besoins. »

À Saint-Roch, rappelle-t-il, où la population a grimpé de 1700 à 2200 résidents en 10 ans, il a d’abord fallu travailler avec des promoteurs pour qu’ils développent les 500 lots, en zone blanche. « Avec le crédit de taxes, le résultat a été probant. »

Saint-Roch travaille aussi à son embellissement, ajoute un deuxième parc, pousse pour décrocher l’agrandissement de l’école et l’implantation d’un centre de la petite enfance pour lequel elle a déjà 58 inscriptions, décrit-il.

Les villes doivent assurer l’offre de services recherchés par de nouveaux citoyens – familles et ainés, rajoute Serge Péloquin. « On a une politique familiale, on pense rénovation pour les familles à revenus modestes, on ajoute des jeux dans les parcs et on veut donner accès au WiFi dans ces parcs. On met l’accent sur la protection des animaux. Tout cela pour devenir une ville où les gens auront le goût de venir vivre », complète-t-il.

Quant à la création d’emploi, elle peut aussi amener de nouveaux résidents. Plus facile à faire dans la ville que dans un milieu rural, complète M. Pothier: « Le défi est de les garder par la qualité de notre accueil, de nos installations et de nos services qui doivent s’adapter aussi à leurs horaires. »

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