22 mai 2018
Un Contrecœurois devient luthier par passion
Par: Sarah-Eve Charland

(Photo: Pascal Cournoyer)

Guy Salois s'est lancé dans la lutherie il y a quelques années. (Photo : Pascal Cournoyer)

(Photo: Pascal Cournoyer)

Le Contrecœurois Guy Salois s’est trouvé une nouvelle passion qui relie l’artisanat, la musique et l’ébénisterie. D’une approche autodidacte, il s’est lancé dans la fabrication de violons.

Il a conçu son premier violon en 2014 quelques années après avoir pris sa retraite d’une carrière de 32 ans chez Hydro-Québec. Il a toujours démontré un intérêt pour le bois. Il a travaillé dès l’adolescence dans une ébénisterie à Saint-Roch-de-Richelieu.

« J’ai toujours voulu faire quelque chose de particulier au moment de prendre ma retraite. Au début, je voulais me lancer dans la fabrication de guitares, mais c’est beaucoup plus technique alors que la fabrication de violon est plus artisanale. C’est vraiment une sculpture. C’est l’instrument qui rejoint tout ce que je recherche », affirme M. Salois.

Il s’est donc lancé dans la recherche d’informations dans des documentations et sur des sites Internet. Il a appris par lui-même toutes les facettes de la lutherie. On peut constater une grande évolution entre son premier violon et sa dernière œuvre, lui a fait remarquer un musicien.

« Je suis en train de faire un. J’espère qu’il sera meilleur que le précédent », dit-il.

S’inspirer de tout

Il s’inspire des grandes écoles de lutherie françaises et italiennes. Plusieurs luthiers reconnus, comme Davide Sora, partagent leur savoir-faire par le biais de la plateforme YouTube. M. Salois s’inspire également de grands musiciens comme la violoniste Nicola Benedetti.

«Mes plus grands coachs sont les musiciens qui viennent les essayer. Je prends les informations sur ce qu’ils préfèrent. Ça me permet de confirmer comment mon travail s’exécute », ajoute-t-il.

La conception d’un violon s’avère complexe. Il peut lui prendre près de 200 heures pour fabriquer un instrument.

« Il y a des éléments très importants. Ça part du bois. Ça prend du bois de résonance. J’en cherche des très performants. Il n’y a pas des morceaux de bois pareils. Les plaques en dessous et au-dessus doivent être compatibles. J’utilise un outil informatique qui me permet d’enregistrer les fréquences de vibration », explique-t-il.

Il a commencé à s’approvisionner en Roumanie afin d’obtenir des morceaux de bois permettant une grande résonance et qui sont faciles à manipuler.

En plus de chercher constamment à s’améliorer, il aimerait pouvoir participer éventuellement à des concours internationaux de lutherie. Il aimerait également concevoir un alto, un instrument à cordes plus gros qu’un violon.

M. Salois participera au Symposium Un fleuve de couleurs les 26 et 27 mai au parc Cartier-Richard à Contrecœur. Son violon Le Saint-Laurent, qui représente notamment le 350e anniversaire de Contrecœur, sera joué par des musiciens pour l’occasion.

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