11 mars 2021
Un changement dans les façons de faire
Par: Jean-Philippe Morin

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas et le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, Sylvain Dupuis. Photos Simon Ménard

Les 52 dernières semaines ont été fort occupées pour la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy (CCIST), la Ville de Sorel-Tracy et la MRC de Pierre-De Saurel à plusieurs points de vue.

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Dès le 13 mars, les trois organisations ont dû répondre à plusieurs questions des citoyens et mettre rapidement en place des mesures afin d’aider les commerçants et la population.

« Tous les jours, selon les points de presse du premier ministre, la situation changeait, alors il fallait s’adapter constamment. On discutait de quelque chose le matin et c’était mis en place l’après-midi. On est donc devenus des leaders agiles! », décrit le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, se réjouit aussi de la capacité d’adaptation à la MRC qui a permis d’allonger des sommes rapidement et de maintenir les services en place. « Tous les services ont continué même si nos employés ont été en télétravail. On a réagi rapidement afin d’aider les entrepreneurs et la population », souligne-t-il.

De son côté, la CCIST a dû répondre à plusieurs appels d’entrepreneurs inquiets au début. Puis rapidement, elle s’est mise en mode action. « On avait deux choix : tout arrêter ou être là pour les entreprises. On a décidé d’opter pour la deuxième avenue. Oui on est là pour les 5 à 7 ou le côté corporatif en temps normal, mais on est aussi là quand ça va mal », affirme le directeur général de la CCIST, Sylvain Dupuis.

Selon M. Dupuis, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la CCIST ont pu intervenir auprès de ministres du gouvernement afin de revendiquer des préoccupations des entrepreneurs directement sur le terrain.

« Je ne compte plus le nombre de rencontres Zoom que j’ai tenues depuis un an. Au début, un programme était annoncé le mardi et il changeait le mercredi. La Chambre avait son mot à dire là-dedans et il faut saluer la grande écoute du gouvernement sur nos enjeux. Bien souvent, on avait des questions sans réponse parce que c’était un avion qui se construisait en plein vol », évoque Sylvain Dupuis.

Capacité d’adaptation

Selon Serge Péloquin, tous les employés ont su se montrer à la hauteur de la situation. « On est tous devenus de meilleurs gestionnaires et nos employés étaient proactifs. Il y avait une réelle obligation de bien communiquer avec les citoyens les décisions rapides qui étaient prises », indique le maire de Sorel-Tracy.

Sylvain Dupuis s’est dit fier que les entreprises se soient adaptées aussi rapidement à des situations particulières. « Par exemple, plusieurs entrepreneurs n’avaient jamais le temps de faire un site web. Là, ils l’ont fait. On a accéléré de cinq ans ce processus grâce à la pandémie. Maintenant, il faut que les commerçants gardent leur site web actif puisque ceux qui ont développé des habitudes d’achat en ligne vont les garder. »

Il ajoute que les marchands doivent se féliciter d’avoir su garder la tête hors de l’eau depuis un an malgré toutes les embûches. « On a une région unique. Nos entrepreneurs se sont retroussé les manches et ont été solidaires. Même après un an, on n’a pas eu beaucoup d’enjeux concernant des grosses fermetures. Notre structure en place a aidé à gérer cette crise, comme le CAB (Centre d’action bénévole du Bas-Richelieu), Desjardins et Rio Tinto Fer et Titane qui ont beaucoup aidé la population dans l’ombre », croit Sylvain Dupuis.

Mises à pied

Concernant les 90 mises à pied temporaires survenues en mars 2020 à la Ville de Sorel-Tracy, le maire admet que la situation a été différente lors de la deuxième vague, cet automne, parce qu’ils étaient « plus préparés ». Rappelons que la Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA) avait dénoncé cette décision de la Ville en l’accusant de ne pas avoir tout fait pour implanter le télétravail auprès des cols blancs.

« La décision [des mises à pied] a été prise avec les informations qu’on avait à ce moment. On s’est mis sur pause et on a gardé nos services essentiels, mais c’est important de dire qu’on a rappelé tout notre monde quelques semaines plus tard. Puis personne n’a été mis à pied lors de la deuxième vague parce qu’on était prêts et tous les outils étaient en place. Même en ce moment, un an plus tard, des cols blancs travaillent de chez eux et ils sont aussi efficaces qu’au bureau », justifie Serge Péloquin.

 

Gilles Salvas en bref

Quel est votre meilleur coup depuis un an face à la pandémie?

L’aide de 200 000 $ aux entreprises au tout début de la pandémie. Les subventions provinciale et fédérale tardaient à arriver, alors il fallait allonger de l’aide immédiatement aux entreprises. Sur le 200 000 $, il y a un 100 000 $ qui est parti très vite à des entreprises à coup de 3000 $ ou 4000 $ afin d’aider à payer rapidement des factures.

Y aurait-il une chose que vous auriez fait différemment depuis un an?

Gilles Salvas : Pas vraiment. Il y aura sûrement quelques commerces en péril à la fin de tout ça, mais je crois vraiment qu’on en a sauvés quelques-uns avec nos programmes d’aide et notre contribution pour les cartes-cadeaux.

Sylvain Dupuis en bref

Quel est votre meilleur coup depuis un an face à la pandémie?

La campagne d’achat local. C’est une campagne positive dans laquelle on ne pointe pas du doigt celui qui n’achète pas ici, mais on encourage plutôt celui qui le fait.

Y aurait-il une chose que vous auriez fait différemment depuis un an?

J’aurais aimé en faire plus! On est deux [employés] ici, il y a huit heures [ouvrables] dans une journée, cinq jours dans une semaine et je pense qu’on en a encore pour au moins 12 mois avec ce virus! Je suis assez satisfait et fier de ce qu’on a fait, mais si j’avais à choisir, ce serait d’aider encore plus les entreprises.

Serge Péloquin en bref

Quel est votre meilleur coup depuis un an face à la pandémie?

Serge Péloquin : Notre plan intitulé « Donnons de l’avenir à nos projets ». Je l’ai présenté en février 2020 devant les gens d’affaires, mais comme la pandémie a éclaté, je n’ai pas eu le temps de le présenter à la population. Il y a plein de mesures là-dedans, comme donner une âme au centre-ville, instaurer des mesures de développement économique local, des rénovations de façades, etc.

Y aurait-il une chose que vous auriez fait différemment depuis un an?

Serge Péloquin : Il y a eu un important boom concernant les demandes de matériaux de construction et les demandes de permis, comme pour installer une piscine ou construire un cabanon. On n’avait pas prévu ça et nos services étaient au ralenti en raison de la pandémie. On a alors mis en place un logiciel pour les demandes de permis en ligne cet automne, ce qui a décongestionné le système. Avoir su qu’il y aurait un tel engouement, on l’aurait implanté avant.

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