9 septembre 2015
Un cégépien sur quatre a des symptômes d’anxiété à Sorel-Tracy
Par: Sarah-Eve Charland

Près de 23% des étudiants du Cégep de Sorel-Tracy démontrent des symptômes d’anxiété ou de dépression. C’est ce qui ressort d’une étude issue d’une collaboration avec l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).

Le projet Zenétude a commencé à l’été 2012 et se poursuit cet automne. Le projet consiste à développer des stratégies d’intervention pour diminuer les symptômes d’anxiété et de dépression qui sont l’une des principales causes de l’abandon scolaire.

Lors de la première année, l’étude a permis d’identifier les indicateurs de dépression chez les élèves, surtout à la suite d’une transition entre le niveau secondaire et collégial.

« 23% de tous les étudiants ont présenté des symptômes. On a trouvé ça élevé parce qu’on s’attendait à ce que le pourcentage tourne autour de 15% et 20%. On s’est rendu compte que cela ressemblait aux données récoltées dans des études américaines », affirme la professeure titulaire du département de psychologie et chercheuse de l’UQÀM, Diane Marcotte.

Au Cégep de Sorel-Tracy, on n’avait pas décelé de problématique particulière.

« Nous étions intéressés à participer à un programme de recherche puisque nous n’avons pas souvent l’occasion de le faire. La transition entre le secondaire et le collégial peut être déstabilisante pour les élèves. Ce n’est pas un problème nouveau. Nous avons des programmes pour faciliter l’intégration. Malgré tout, il s’agit d’une situation préoccupante », précise la directrice adjointe aux études au Cégep de Sorel-Tracy, Marie-Claude Pineault.

Il y a plus de problèmes de santé mentale au niveau secondaire et collégial qu’il y a plusieurs années, soutient Mme Marcotte. Les élèves font face à un nombre incalculable de choix de programmes, travaillent plus et la pression de performance est plus présente, explique-t-elle.

Plusieurs facteurs

Plusieurs facteurs personnels et professionnels entrent en ligne de compte. « Il y a un lien très clair entre la dépression et l’abandon scolaire. Le fait d’avoir des problèmes personnels et de ne pas avoir de but professionnel est l’un des principaux facteurs. »

Lors de la deuxième année du programme, la chercheuse a développé des outils d’intervention qui ont été testés l’année suivante. Ils ont été améliorés et seront testés à nouveau cet automne au Cégep de Sorel-Tracy. Les programmes en éducation spécialisée et en soins infirmiers ont été sélectionnés puisqu’ils regroupent la majorité des élèves du collège.

« C’est une belle expérience. Le collège se dote d’un outil supplémentaire dans son coffre à outils. […] En collaborant, les intervenants psychosociaux et les enseignants deviennent plus compétents dans leur approche humaine. C’est évidemment un gain pour nous », ajoute Mme Pineault.

Mme Marcotte espère mettre à la disposition de tout le réseau collégial les outils dès l’hiver 2016.

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