5 mars 2020
À l’Hôtel-Dieu de Sorel
Un atelier de déchiquetage pour favoriser l’insertion socioprofessionnelle
Par: Katy Desrosiers

Kevin Beaudoin-Lahaie, un des stagiaires, accompagnés de Xavier Morissette-Denis, Robert Brochu et Véronique Marcotte, d’autres participants. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

Depuis octobre 2019, l’Hôtel-Dieu de Sorel participe à un plateau d’insertion socioprofessionnelle qui permet à des personnes atteintes de troubles de santé mentale et des jeunes adultes sans emploi de s’intégrer au marché du travail. Les stagiaires procèdent au déchiquetage de certains documents.

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Le projet est opéré conjointement par l’équipe des programmes santé mentale et dépendance du Centre de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME) et le Carrefour jeunesse-emploi Pierre-De Saurel, en collaboration avec le service d’hygiène et de salubrité de l’établissement. Il a été développé sur deux ans.

Auparavant, une entreprise privée s’occupait du déchiquetage. Dorénavant, un atelier à cet effet a été installé dans le sous-sol de l’Hôtel-Dieu de Sorel et permet de procéder au déchiquetage de documents nominatifs, soit ceux avec des données personnelles, comme des formulaires et des cartes et bracelets de patients. Du papier et du carton sont aussi récupérés. Une fois déchiqueté, le papier est mis dans des sacs qui sont revendus. Il est estimé que 150 ballots de papier pourront être récupérés par an.

Le service a déjà été intégré à l’Hôpital Pierre-Boucher et l’Hôpital Honoré-Mercier. Du côté de Pierre-Boucher, il a permis des économies de dizaines de milliers de dollars.

La présidente-directrice générale du CISSSME, Louise Potvin, assure que les économies sont réinvesties dans la démarche de stimulation du développement durable, comme l’aménagement de l’atelier en soit.

Elle souhaite aussi que le plateau de travail soit reconnu dans la communauté et qu’il puisse aller chercher des contrats d’autres entreprises pour le déchiquetage.

Il est également prévu de procéder éventuellement à la récupération de plastique hospitalier propre. Ce sont donc 80 tonnes de plastique que les trois hôpitaux du CISSSME pourront détourner des centres d’enfouissement.

Une différence marquée

Au CJE, ce sont des participants aux différents programmes ou des personnes référées par Emploi Québec qui participent au projet. Du côté des programmes en santé mentale, ce sont des usagers dans les équipes de suivis intensifs ou variables. Actuellement, environ 11 stagiaires participent au projet.

Marie-Françoise Fayolle, collaboratrice dans l’équipe en santé mentale et dépendance, souligne que l’objectif avec la clientèle est de développer les habiletés et l’employabilité afin de proposer, par la suite, d’intégrer ces capacités dans d’autres lieux de travail, pour du bénévolat ou pour d’autres projets sociaux.

« On l’a vu à Pierre-Boucher, on a des gens qui ont maintenant des emplois réguliers. […] Ça permet vraiment d’avoir de l’espoir, de permettre le rétablissement et de permettre à la personne de s’accomplir à travers un projet de vie. C’est très très gagnant », explique-t-elle.

Le directeur général du CJE et du Recyclo-Centre, Mario Fortin, croit que dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, il est d’autant plus important de trouver des solutions pour aider les jeunes adultes à réintégrer le marché du travail.

« Tous ceux qui ont un minimum de capacités doivent être interpellés, on doit travailler avec eux pour les amener au marché du travail. Parfois, il faut user de stratégies différentes. Nous, au CJE et au Recyclo-Centre, on considère que le travail en plateau de travail favorise l’intégration socioprofessionnelle et quand on a été sollicité pour ce projet, on a dit oui, on l’a travaillé et on est fier que ça existe », souligne-t-il, en ajoutant avoir déjà d’autres idées de projets.

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