27 octobre 2020
Gabrielle Major décède d’un cancer rare en l’espace de quelques mois
« Tu n’a pas perdu ton combat, c’est toi qui a décidé »
Par: Katy Desrosiers

Benoit Major et Carole Tellier ont été présents tout au long le combat de leur fille, qui s’est déroulé plus rapidement qu’ils l’auraient cru. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Gabrielle Major réalisait souvent des chroniques littéraires de livres qui l’avaient marquée à la radio étudiante de l’École secondaire Fernand-Lefebvre. Photo gracieuseté

En juillet dernier, une campagne de sociofinancement a été lancée afin d’amasser des fonds pour aider la famille de Gabrielle Major, atteinte d’un cancer rare et agressif. Quelques semaines plus tard, la jeune fille de 19 ans a choisi que sa souffrance avait assez duré et s’est éteinte le 30 septembre.

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Gabrielle avait commencé ses traitements de radiothérapie et de chimiothérapie en février. Au cours de l’été, elle se portait bien et faisait même du vélo stationnaire.

En début septembre, après avoir eu des douleurs au cou, des engourdissements et des tremblements, elle a été admise d’urgence au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Dans la nuit du 13 au 14 septembre, elle a vécu un épisode de détresse respiratoire. Alors qu’elle voulait sonner la cloche pour de l’aide, elle s’est rendue compte qu’elle était complètement paralysée.

« Elle a crié parce qu’elle n’était pas capable de sonner. Ç’a pris une demi-heure avant que quelqu’un ne vienne. Elle pensait mourir. Le matin du 14, ils ont décidé de l’intuber et de lui faire d’autre radiothérapie. Ils ont essayé pendant cinq jours parce qu’elle voulait se battre encore », raconte sa mère Carole Tellier.

En effet, sa fille, passionnée de littérature, souhaitait se rendre au 8 octobre pour entendre le texte qu’elle avait soumis au concours littéraire Octobre le mois des mots être lu par un comédien.

« Le 29 septembre, elle sentait vraiment que ça montait dans sa tête et elle commençait à suffoquer. Elle a décidé elle-même que le lendemain, elle voulait se faire débrancher », souligne sa mère.

Heureusement, l’équipe des soins intensifs du CHUM a fait en sorte que ses parents puissent aller la voir à tous les jours.

« Ils l’ont même sortie dehors sur la terrasse des employés un après-midi. On a passé l’après-midi dehors. Elle était tellement bien! », se rappelle Mme Tellier.

Son professeur favori au Cégep de Sorel-Tracy, David Dorais, ainsi que sa meilleure amie Katherina Gamelin et sa mère ont pu venir la voir pour lui dire un dernier adieu.

Se battre jusqu’à la fin

Jamais Gabrielle n’a voulu abandonner son combat. Cependant, lorsqu’elle s’est aperçue que son dernier traitement de radiothérapie n’avait pas fonctionné, elle était sereine et sa décision était prise.

« Elle s’est battue. Elle a vaincu son cancer », affirme son père, Benoit Major.

« C’est ça que je lui ai dit, ajoute sa mère. « Tu n’a pas perdu ton combat. C’est toi qui a décidé. » Il ne l’a pas tué, c’est elle qui l’a tué son cancer. Elle lui a mis fin. »

Benoit Major et Carole Tellier affirment que leur fille leur a appris à se battre, elle qui ne l’avait pas eue facile, qui était très gênée et qui avait peu d’amis. Ils la décrivent comme une personne forte, qui allait au bout de ses projets malgré tout.

Elle avait entre autres trouvé la confiance pour obtenir un emploi, faire de la radio étudiante et publier ses textes sur différentes plateformes, y compris dans la section Info-jeunesse du journal Les 2 Rives.

Un de ses auteurs préférés, David Goudreault, lui a d’ailleurs rendu hommage sur sa page Facebook en publiant un de ses textes.

« Ça représente beaucoup pour nous, avance Mme Tellier avec un tremblement dans la voix. Elle aurait été tellement fière! »

La campagne de sociofinancement lancée cet été par le propriétaire du Distingo Resto/Pub et patron de M. Major, Rémy Salvail, a permis d’amasser 14 120 $. Les deux parents se sont dit surpris de la générosité des gens et les remercient pour leur aide.

Ils tiennent aussi à remercier M. Salvail et les employés du Distingo Resto/Pub, ainsi que l’équipe des soins intensifs du CHUM, Pierre Courcelles et Chantal Nadeau qui les ont aidés avec le transport et Katherina Gamelin, la meilleure amie de Gabrielle, qui l’a soutenue tout au long de son combat.

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