3 mars 2016
Trois festivals sont disparus en à peine cinq ans dans la région
Par: Julie Lambert

Les festivals locaux ont eu la vie dure dans les cinq dernières années à Sorel-Tracy alors que trois d’entre eux, le Sorel Fest, la Virée Blues et le Grand Show, ont complètement disparu. Les problèmes de financement et les moyens d’attirer la clientèle sont venus à bout des organisateurs qui ont lancé la serviette à contrecœur.

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Le jeune organisateur Cédrick Francoeur a présenté la troisième et dernière édition du Sorel Fest en août 2015. Après trois ans à essayer d’attirer le public et les commanditaires, il a jeté l’éponge.

La plus grosse difficulté, souligne-t-il, est que les gens veulent profiter au maximum des activités ou des spectacles, mais payer le minimum sans penser à tous les fonds investis et le temps consacré à la réalisation d’un festival.

« Ils répondent oui sur Facebook, mais quand arrive le temps de payer ou de se déplacer, ils répondent peu présents. Tu as beau avoir le meilleur band au monde, si tu n’as pas de public, ça ne sert à rien. Il y a un manque d’intérêt actuellement et les gens semblent un peu blasés. Ils ont comme pris pour acquis la scène musicale soreloise », pense-t-il.

Une offre complète

Le directeur général de la Société d’Agriculture de Richelieu, Marco Lavallée, a tenté à plusieurs reprises de 2012 à 2014 de donner du souffle au Grand Show.

Le comité organisateur a toutefois laissé tomber le volet des spectacles pour se consacrer entièrement à sa vocation principale grâce notamment à l’Expo Agricole et à un nouvel événement de rodéo.

« On offrait des spectacles musicaux, mais nous avons constaté qu’à ce niveau, l’offre était déjà complète à ce moment avec le Festival de la gibelotte. On a décidé de prendre une autre tangente puisque le domaine équestre fonctionne bien. »

Une volonté politique absente?

Après trois éditions, les fondateurs de la Virée Blues de Sorel-Tracy, Ali Durocher, Steve Desaulniers et Yannick Duchesneau, ont décidé de mettre fin à leur événement en 2013. Le manque d’appui financier et les risques monétaires ne leur permettaient pas de continuer, soulignent-ils.

« La volonté politique n’était pas là à l’époque, mentionne Yannick Duchesneau. L’ancien conseil municipal n’avait d’yeux que pour le Festival de la gibelotte. Les risques étaient devenus trop grands pour nous. Soit on mettait de l’argent de nos poches dans l’événement ou dans notre maison. Peut-être serait-ce différent aujourd’hui avec le nouveau conseil. »

La Virée Blues n’avait pourtant jamais affiché de déficits et les ventes de passeport avaient augmenté de 30%, souligne un des autres organisateurs, Steve Desaulniers.

Les anciens collaborateurs regardent avec intérêt la vague de mobilisation qui a pris naissance à la suite de l’annonce du Festival de la gibelotte de prendre une pause en 2016. Même eux se demandent s’ils n’embarqueront pas de nouveau dans l’aventure.

« Ça nous fait réfléchir. Nous sommes en pleine remise en question et ça nous donne des papillons dans le ventre. Nous étions passionnés par ce que nous faisions et ne comptions pas nos heures », confie Mme Durocher.

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