11 mai 2015
Transports Canada garde toujours le Phoenix à l’œil
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le Phoenix est toujours à quai depuis plus de trois ans, presque devenu un élément du paysage sorelois.

Le Phoenix est toujours à quai depuis plus de trois ans, presque devenu un élément du paysage sorelois.

La question soreloise qui tue: quand le Phoenix Sun quittera-t-il le quai Richelieu où il est amarré depuis plus de trois ans?

D’abord, a précisé Transports Canada, le navire, qui a été vendu aux enchères à la suite de la faillite de l’armateur qui le possédait, porte désormais le nom de Phoenix.

Il appartient à l’armateur London Bridge Shipping Ltd, une compagnie des iles Cayman, dans les Caraïbes. Il bat maintenant pavillon St. Kitts and Nevis (Saint-Christophe-et-Niévès), un petit état situé dans la mer des Caraïbes, membre du Commonwealth et des Nations unies.

Transports Canada suit la situation de ce navire de près, a spécifié sa porte-parole Lyne Montpellier. La plus récente inspection a été effectuée le 26 avril dernier, ajoute-t-elle. Mais l’organisme n’a pas encore autorisé l’armateur de quitter le port.

Toujours en détention

« L’interdiction de départ est toujours en vigueur pour le Phoenix et Transports Canada s’assurera que toutes les dispositions réglementaires soient rigoureusement respectées avant que le navire ne soit déplacé et que cela se fasse en toute sécurité », dit Mme Montpellier.

Mais elle n’a précisé ni la raison de cette détention prolongée, ni la date à laquelle elle pourrait être levée.

Rappelons que le 22 août dernier, Transports Canada avait mis en détention le cargo. Une mesure qui l’empêchait de quitter le port et permettait au ministère d’avoir plus de pouvoirs pour contraindre le propriétaire à remplir ses obligations.

On se rappelle aussi qu’à cette époque, le bateau appartenait à la compagnie Menpas Shipping, enregistrée à Hamilton en Ontario. Le propriétaire d’origine turque, Mengu Pasilni, avait alors négligé de payer et de nourrir son équipage de 12 marins turcs venus réparer le navire.

Le vraquier battait alors pavillon panaméen, un pavillon dit de complaisance, les propriétaires pouvant ainsi profiter de droits d’enregistrement peu élevés, de taxes et d’impôts moins lourds et de moins de contrôles, en plus de pouvoir contourner certains droits du travail.

Un inspecteur de Transports Canada avait alors constaté leur situation et conclu de le mettre en détention en vertu de la convention internationale sur le travail maritime.

Il aura fallu un élan de générosité de la part de la Ville de Sorel-Tracy et de ses citoyens ainsi que la remise de billets de courtoise d’Air Transat en direction de la Turquie pour que les marins, après six mois, regagnent leur port d’attache avec un peu d’argent en poche.

Un bon payeur

Contrairement à l’armateur précédent qui n’a pas encore payé les 90 000$ qu’il devait à la Ville ses droits de quaiage, électricité et taxes, le nouveau propriétaire paye biens ses dus, a révélé le porte-parole de la Ville, Louis Latraverse.

« Et il n’a pas encore averti de la date à laquelle il compte quitter. Il aura normalement à le faire car il doit demander que nous débranchions l’électricité qui alimente le bateau », précise-t-il.

Il semble cependant que le bateau ait été remis en condition – des témoins racontaient avoir vu des travailleurs à bord, l’automne dernier – et un gardien le visite régulièrement.

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