11 juin 2015
Transport de pétrole: Garde côtière et Transports Canada s’entendent
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le Genmar Daphné, le second pétrolier, qui en octobre 2014, a pris livraison de pétrole tiré des sables bitumineux au quai de Kildair | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le Genmar Daphné, le second pétrolier, qui en octobre 2014, a pris livraison de pétrole tiré des sables bitumineux au quai de Kildair | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Transports Canada et la Garde côtière sont désormais sur la même longueur d’ondes quant à mener un projet pilote entre Québec et Montréal visant à intervenir plus rapidement en cas de déversement d’hydrocarbures.

Pourtant, ils différaient d’opinion le 28 mai dernier devant un groupe d’élus municipaux, d’industriels et de fonctionnaires.

Alors que Transports Canada affirmait vouloir mieux préparer les interventions en menant un projet pilote entre Montréal et l’île d’Anticosti, la Garde côtière préférait concentrer ses efforts entre Québec et l’ile d’Anticosti.

Une intervention qui avait soulevé l’ire du maire sorelois Serge Péloquin et des élus de Saint-Lambert à Sorel-Tracy qui craignaient la pollution de leurs prises d’eau potable auxquelles s’approvisionnent deux millions de personnes.

Changement de zone

La porte-parole de Pêches et Océans, Carole Saindon, confirme la révision du projet. La planification régionale des interventions se définit principalement par la consultation et fait l’objet d’une constante évolution.

« La zone initiale couverte par le projet pilote s’étendait d’Anticosti à la ville de Québec; cependant à la suite d’une première série de consultations, il s’est avéré qu’on devait l’étendre pour englober la zone se situant entre Montréal et la ville de Québec », dit-elle.

Le gouvernement a été à l’écoute et un financement supplémentaire a été octroyé à Transports Canada et à la Garde côtière canadienne dans le cadre du Plan d’action économique d’avril 2015 pour inclure cette nouvelle zone, ajoute-t-elle.

Elle rappelle enfin que Canada dépend de sa navigation maritime pour assurer sa croissance économique, la création d’emplois et la prospérité. « Il s’est engagé à protéger à la fois la sécurité des Canadiens et l’environnement. »

La situation était d’autant urgente, confiait M. Péloquin en entrevue, qu’on parle de contrôler le déversement de 10 000 tonnes d’hydrocarbures en 72h seulement et qu’il y a augmentation importante du transport d’hydrocarbures, insiste-t-il.

« Alors qu’on demande aux villes d’organiser le déplacement de 10 pompiers en 10 minutes vers les incendies, on attendrait 72h avant de faire quelque chose sur l’eau? Non », tranche-t-il.

Hydrocarbures et gaz de schiste

Depuis, M. Péloquin a joint sa voix au comité de cinq élus représentant 165 municipalités qui exigent une meilleure protection de leur source d’eau potable. Ils ont déposé à cet effet une requête commune au ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques afin qu’une dérogation leur soit octroyée pour qu’elles puissent imposer des normes plus sévères que celles qui prévalent actuellement pour la protection de leurs sources d’eau potable.

Ils dénoncent, ce faisant, le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection qui a réduit de 2 km à 500 m les distances séparatrices minimales entre les sources d’eau potable et les puits gaziers ou pétroliers.

Quant à M. Péloquin, il se dit inquiet du stockage et du transport des hydrocarbures sur les territoires municipaux. « C’est clair que nous n’avons pas les moyens de faire face à un déversement où à une contamination de nos sources d’eau potable. Les risques se multiplient. Nos concitoyens ont raison d’être inquiets. »

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