26 juin 2020
Tout autour
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Voilà qu’on entame l’été tout en sachant fort bien qu’il n’aura rien de semblable avec les précédents. Vivre des vacances en cette période de déconfinement progressif est difficile à imaginer.

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Car que seront ces vacances sans le changement de rythme qu’elles imposent? Sans, pour plusieurs, ces départs précipités vers ailleurs? Sans les festivals, festivités et événements publics auxquels on assiste habituellement? Sans aller à l’étranger ou à la mer, en montagne ou en visite pour découvrir ou renouer avec des environnements qui réconfortent et permettent de décrocher?

Oui, tous ceux qui ont travaillé depuis le début de la pandémie en mars dernier ont besoin de ce temps d’arrêt annuel. Comme tous ceux qui, rentrés à la maison, se sont occupés à plein temps des enfants et des ainés.

La pandémie nous a tous forcés à considérer son chez-soi comme un espace clos, intime, privé. Certains y ont trouvé du plaisir. D’autres des souffrances. Mais voilà que la majorité est forcée maintenant d’y passer ces vacances peu ordinaires.

Car à moins de changements des consignes gouvernementales, c’est à la maison que les vacances se dérouleront, privés de nos visiteurs vivant à l’étranger, privés aussi d’activités festives collectives. Privés enfin de ce sentiment de dépaysement et de liberté qui nous invitait à lever les pattes, une fois les vacances venues.

Voilà donc l’occasion idéale d’enfin explorer de fond en comble cette région – et ses voisines – où nous vivons, mais dont plusieurs réalités et beautés nous échappent, parce que nous remettons toujours à plus tard sa découverte systématique.

C’est bien connu que celle que l’on habite est toujours la dernière que l’on visite. Cet été sera le moment idéal pour lui jeter un regard neuf. On pourra y profiter de son centre-ville autrement, créer des liens plus étroits avec ses lieux de commerce et de restauration, découvrir ses nombreux parcs, fréquenter ses multiples cours d’eau, sillonner ses routes secondaires, découvrir ses nombreux producteurs et artisans.

Car elle vaut vraiment qu’on s’offre le luxe de regarder autour de soi. Et comme on ne pourra être partie prenante de ses habituels fêtes et festivals, on devra expérimenter des relations autres avec ceux et celles que nous y croisions.

Ainsi le terme « vacances » prendra un autre sens. Même s’il invite toujours à sortir de sa routine quotidienne. Que l’on vive seul, en couple, avec des enfants ou des ainés, elles doivent quand même permettre de nous régénérer le corps et l’esprit. Laisser derrière soi ses soucis, si possible, le temps d’apprécier son ici, son chez-soi, sa région.

Quand j’entends le mot « vacances », je me rappelle toujours ce que l’auteur américain Robert Orben en disait : « Les vacances, c’est n’avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire. » J’avoue que je suis fort douée pour m’en approcher!

D’autant que je soupçonne que cette pandémie nous aura au moins appris à jeter un regard appréciateur sur les petites choses du quotidien et la nature, à emmagasiner de nouveaux souvenirs à partager qui alimentent notre joie de vivre!

Oui, ces vacances 2020 peuvent être mémorables à leur façon si on trouve comment s’occuper de soi, décrocher de nos écrans, oublier montre et réveils, bouger autrement, respirer les beautés de la nature, la vie qui y bat, les gens qui y travaillent, les nouvelles adresses de nos artisans. Je suis convaincue qu’il y a du bonheur à y trouver. Et pas n’importe lequel!

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