23 janvier 2020
Tolérance zéro pour la criminalité
Par: Sébastien Lacroix
Ingrid Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Ingrid Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le fait qu’il y ait une plus grande dénonciation qui s’exerce au sein de la population pourrait expliquer la hausse du nombre de crimes contre la personne observée au cours de la dernière année (voir autre texte). C’est ce que fait valoir la Sûreté du Québec dont le rapport 2018-2019 a été rendu public il y a quelques semaines.

Publicité
Activer le son

« C’est un des facteurs que l’on observe. Avec toute la prévention qui est faite (…), il y a une tolérance zéro à la criminalité. On se rend compte que les gens, un peu partout, dénoncent davantage les situations dans lesquelles ils peuvent se trouver », indique la porte-parole de la Sûreté du Québec, Ingrid Asselin.

C’est surtout vrai pour les crimes à caractère sexuel avec le battage publicitaire du mouvement #MeToo, mais aussi pour tout ce qui concerne la pédophilie. « Dès qu’il y a une arrestation [en lien avec l’exploitation sexuelle des enfants], on sort un communiqué. Parce qu’on se dit toujours qu’il peut y avoir des victimes qui peuvent se manifester, indique la porte-parole. Pour les crimes sexuels, il y a beaucoup de travail qui est fait par les policiers et les escouades qui travaillent plus spécifiquement dans les régions pour faire la détection des prédateurs. »

Il y a également la politique de « tolérance zéro » adoptée par les organismes publics et parapublics qui peut expliquer la hausse du nombre de cas de voies de fait. « Avec la présence d’un centre de détention et d’un hôpital, ça peut jouer, continue Ingrid Asselin. Parce que parfois, ce n’est pas grand-chose. Je ne veux pas minimiser, mais juste le fait de tirer un bras trop fort, ça peut être considéré comme une voie de fait. »

D’autres facteurs circonstanciels peuvent également entrer en jeu quand vient le temps de faire le bilan de l’année. « Par exemple, on arrête quelqu’un qui est détenu. Cette personne-là termine sa détention et il y a d’autres gestes qui sont commis, note la porte-parole. Ça peut aussi être en fonction de nos enquêtes qui vont durer quelques mois et qui vont aboutir à tel moment. »

Des questions qui se posent

Le président du comité de sécurité publique de la MRC de Pierre-De Saurel, Michel Péloquin, s’est dit rassuré par les explications fournies par la Sûreté du Québec. « C’est évident qu’au comité, quand arrivent des statistiques comme ça, on pose des questions, raconte-t-il. On s’est informé à savoir ce que c’était. À partir des explications qu’on nous avait données, il n’y avait pas d’inquiétudes à y avoir. On avait été rassuré. »

D’ailleurs, malgré la hausse du nombre de crimes contre la personne, le comité n’a pas changé les priorités locales sur lesquelles elle demande à la Sûreté du Québec d’intervenir. « À partir des explications qu’on avait, il n’y avait pas d’actions à entreprendre pour corriger cette situation-là », continue Michel Péloquin.

Celui-ci ne croit pas non plus que le contexte socio-économique puisse être en cause. « Je n’ai pas senti que ç’avait un lien. D’ailleurs, la situation n’est pas pire que ce qu’elle était il y a deux ou trois ans », soutient-il.

image