15 novembre 2016
Tensions entre Sorel-Tracy et le monde rural sur le partage des coûts
Par: Louise Grégoire-Racicot
Les maires montent parfois le ton surtout quand il est question de partage des coûts. | Photo: TC Média - Archives.

Les maires montent parfois le ton surtout quand il est question de partage des coûts. | Photo: TC Média - Archives.

Le partage des coûts entre Sorel-Tracy et les 11 municipalités rurales de la MRC de Pierre-De Saurel est au cœur d’une importante dissidence entre les maires.

L’embauche d’une personne-ressource pour implanter au Plan de développement de la zone agricole (PDZA) a été la goutte qui a fait déborder le vase, lors de l’assemblée publique du 9 novembre dernier. Le coût estimé de cette implantation est de 80 800$.

Une embauche désirée par les 11 maires ruraux. Mais pour laquelle le maire Serge Péloquin refuse de payer sa part habituelle de 65% des dépenses d’implantation du PDZA.

« J’ai apporté plusieurs fois cette préoccupation sur le tapis sans qu’on y donne suite. Je voterai contre le prochain budget si on n’en discute pas. Après tout, nous n’avons que très peu de territoire agricole dans notre ville », a-t-il rappelé.

On sait que la Ville de Sorel-Tracy, à cause de l’importance de sa population et de son évaluation foncière (la double majorité), pourrait y exercer un droit de veto.

Un compromis

Il aura fallu que les maires discutent longuement, le 14 novembre, pour arriver à une entente.

Sorel-Tracy payera 20% (16 600$) de ces nouveaux coûts (80 800$). Le montant manquant sera puisé à même les surplus accumulés.

Et dès janvier, les maires réexamineront le partage des coûts, tel que pratiqué actuellement, de tous les dossiers régionaux.

Pragmatique

Pour le préfet et maire de Saint-Robert Gilles Salvas, cette solution est acceptable parce qu’elle permet d’implanter le PDZA dès janvier et d’adopter le budget 2017 comme prévu, le 23 novembre prochain.

« Nous n’avions pas le temps de débattre du partage des coûts, ce qui demande aussi d’examiner les aspects légaux de la situation et peut-être de réviser le mode de facturation relié au développement économique, touristique et agricole de la région. »

Sorel-Tracy a gagné en partie son point, reconnaît-il. « Peut-être cela remet-il en cause l’approche régionale des choses. Peut-être pas, dépendant de la façon dont ça se terminera », avoue-t-il.

Mais s’il faut faire appel à un accompagnateur, comme les maires l’ont fait lors de l’entente sur la carte Accès-loisirs, ils le feront, conclut-il. « Histoire d’assurer que l’on prend la meilleure décision pour tous. »

De fait, explique le maire de Massueville, Denis Marion, membre du Comité régional de développement, cette discussion n’est pas que financière.

« Elle en est une de partage des responsabilités. Comment on fait notre job ensemble, tenant compte à la fois de nos municipalités et de la MRC? Comment trouver la meilleure façon de gérer les dossiers régionaux? »

20% de la facture

De son côté, M. Péloquin se dit satisfait de cette décision. Il défrayera 20% de la facture pour le PDZA.

« Ce que je recherche, c’est toujours l’équité dans la MRC. Sorel-Tracy est toujours prête à payer sa juste part. On ne veut pas être cheap. »

Quand il a fallu réorganiser le développement économique, il y a deux ans, la Ville a pris en charge à 100% le bureau du commissariat industriel.

« Mais nous payons aussi notre part du CLD (Centre local de développement) à 65%. Pourquoi devrions-nous payer aussi 65% en agriculture? »

En janvier, les maires examineront chacun des postes de dépenses histoire, insiste-t-il, d’éviter les doublons, s’il y en a. « Aucun contribuable ne doit être sollicité deux fois. »

De plus, il considère que la MRC a accumulé jusqu’ici trop de surplus, donc perçu trop de quotes-parts.

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