22 juillet 2021
Temps supplémentaire obligatoire : le syndicat des infirmières écrit une lettre à la PDG du CISSSME
Par: Jean-Philippe Morin

Brigitte Petrie, présidente de la FIQ SPSME, écrit une lettre ouverte à la PDG du CISSS de la Montérégie-Est, Louise Potvin. Photo www.fiqsante.qc.ca

Le Syndicat FIQ SPSME, qui représente entre autres les infirmières et infirmières Hôtel-Dieu de Sorel, a écrit une lettre ouverte, le 22 juillet, à la présidente-directrice générale du Centre intégré de la santé et des services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME), Louise Potvin.

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Dans celle-ci, la présidente syndicale, Brigitte Petrie, dénonce la façon de gérer du CISSSME qui ordonne aux infirmières et infirmières auxiliaires, depuis la fin juin, d’effectuer du temps supplémentaire obligatoire (TSO). Voici la lettre dans son intégralité.

Lettre ouverte, le 22 juillet 2021

Mme Potvin,

Depuis des semaines, le Syndicat SPSME sonne l’alarme et met des solutions sur la table pour pallier l’état de crise constant vécu par nos professionnelles en soins de l’Hôtel-Dieu de Sorel. Les bris de services se succèdent et la sécurité des soins à la population est en jeu.

Depuis la fin juin, l’hôpital de Sorel au complet survit grâce au temps supplémentaire obligatoire, le « TSO », particulièrement l’urgence. Le nombre de TSO est à tel point élevé que le FIQ SPSME n’arrive plus à garder le compte. Nos membres nous interpellent, car elles n’ont aucun temps de repos cet été, alors qu’elles sont épuisées par les trois vagues successives de la pandémie. Les professionnelles en soins, surchargées pendant leur journée de travail, ne prennent plus de pause pour maintenir la cadence. Le plancher des salles de repos demeure brillant, car il n’est jamais fréquenté. Il est utilisé que lors des sit-in de nos membres pour dénoncer le recours abusif au TSO, une façon de gérer d’une autre époque, dévastatrice et dangereuse, qui gardent nos membres prisonnières de leur travail, sans aucune considération pour leur vie familiale et personnelle.

Notre exécutif ne suffit plus à la demande des membres en souffrances et le CISSS ME, encore une fois, nous demande des annulations de libérations syndicales pour aller palier la mauvaise gestion des horaires puis les membres au bord du gouffre ne pourront plus bénéficier d’aucun appui ce qui entrave aussi leur droit de représentation.

Nos professionnelles en soins se dévouent corps et âme depuis des années, particulièrement, depuis la dernière année. Elles se sentent malheureusement mal traitées, incomprises, leur santé mentale à risque par toutes ces formes de violence organisationnelle. Votre statut et votre responsabilité ne peuvent justifier que vous restiez de glace devant les conditions de travail indécentes infligées à nos membres. Récemment, vous nous indiquiez que le « TSO » devait être une mesure exceptionnelle et non un outil de gestion quotidien. Où sont vos solutions pour réduire la pression sur nos membres?

Souvenons-nous vers la fin juin, le CISSS ME annonçait des mesures afin de passer un été viable pour nos membres. Or, la situation est complètement à l’inverse, c’est l’horreur : l’achalandage élevé de l’urgence de Sorel, les cliniques médicales de la région qui n’offrent pas les services adéquats, des postes vacants jamais dotés, des congés de maternité non remplacés, des octrois de poste de gestion à nos membres transférées en plein été, l’absence de gestion des horaires notamment, mais non exclusivement les horaires de congé annuel 7/7, le manque de communication entre les directions.

Cela fait maintenant quelques semaines que le SPSME doit dénoncer publiquement la situation à l’Hôtel-Dieu, faute de changements observés sur le terrain. À plusieurs reprises, le FIQ SPSME a proposé des solutions simples et efficaces pour soulager la pression : détourner les ambulances, cesser ou réduire les chirurgies électives à l’instar des directives du ministère de la Santé et des Services sociaux, réduire les heures d’ouverture l’urgence comme ce qui se fait ailleurs, sans compter les nombreuses propositions faites par nos membres qui ont complètement ignorées jusqu’à présent. Le FIQ SPSME considère qu’il est impossible d’offrir les services de manière sécuritaires à l’urgence de Sorel et que la population doit en être avisée et les professionnelles n’arrivent plus non plus à se reposer adéquatement entre les quarts de travail afin d’offrir un service de qualité.

L’imposition de temps supplémentaire ne peut perdurer de cette manière. Comment peut-on encore tolérer que les professionnelles en soins de plusieurs centres d’activité en même temps soient forcées de faire du TSO sans mettre un frein à l’ouverture et au maintien d’autres services? Cette façon de gérer l’établissement nous laisse perplexes.

Vous n’êtes pas sans savoir que, mardi dernier, une séance de conciliation a eu lieu au Tribunal du travail afin d’en arriver à trouver des solutions concrètes et structurantes. Or, le plan d’action qui devait être déposé se fait toujours attendre. Pendant ce temps, le CISSS ME continue d’imposer des « TSO » à nos professionnelles en soins. Est-ce que vos gestionnaires sont à pied d’œuvre jour et nuit pour régler la situation ? Agissez maintenant avant qu’il soit trop tard.

Si rien n’est fait, ce sont nos membres qui vont tomber au combat. Nous sommes encore prêtes dès maintenant à collaborer et nous avons des solutions concrètes qui peuvent être appliquées. La balle est dans votre camp.

Espérant que vous réagissez rapidement ! En fait vous auriez dû intervenir bien avant !

Syndicalement,

Brigitte Petrie, présidente
FIQ SPSME

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