9 mars 2016
Sylvain Rochon, un an après son élection
Par: Louise Grégoire-Racicot
Sylvain Rochon, le soir de son élection en compagnie de son père, Claude Rochon, qui fut le premier candidat péquiste dans Richelieu. | TC Média - Pascal Cournoyer

Sylvain Rochon, le soir de son élection en compagnie de son père, Claude Rochon, qui fut le premier candidat péquiste dans Richelieu. | TC Média - Pascal Cournoyer

Il y a un an, le 9 mars, que Sylvain Rochon a été élu député péquiste de Richelieu. Un an qu’il apprivoise un quotidien qu’il n’avait pas imaginé aussi prenant, et ce, même si pendant plus de 15 ans, il a été adjoint du député de Richelieu, note-t-il.

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« Je ne connaissais pas combien ce travail exige sacrifices personnel et familial. Ce qui me rend plus respectueux de tous ceux qui le pratiquent, peu importe leur formation politique. »

Cela dit, il y trouve son lot de satisfactions. « Des dossiers ont avancé : agrandissement de l’école Saint-Roch, autorisation du parc éolien, dossier de l’écocentre et de l’entreprise de déchets d’équipements électriques et électroniques. Des projets déjà amorcés dans lesquels j’ai mis tous les efforts que je pouvais pour qu’ils aboutissent. »

Mais il constate que la région n’a pas lutté très fort pour garder sa prise sur les services dispensés ici, notamment à l’hôpital et à la Commission scolaire. Un élément qu’il avait placé au centre de sa campagne électorale.

« On a assisté à un genre de fatalisme ambiant contre la perte de ces contrôles qui m’a déçu. J’ai bien peur que nous ayons désormais peu de prise sur la qualité de leur dispense », regrette-t-il.

Ses préoccupations touchent tous les âges – des défis au scolaire où il ne voit pas l’avenir en rose à la sécurité des aînés et à la qualité de vie à améliorer quand ils doivent en fin de vie être hospitalisés pour de longues durées.

Penser l’avenir

Pour assurer son avenir, la région doit se donner un cap, note-t-il. Ce à quoi il veut contribuer. Tout est encore à faire, dit-il. Aussi prévoit-il tenir des forums ouverts de réflexion sur différents thèmes. Une réflexion collective pour brasser les cartes au cours des prochains mois.

« Il faut absolument déterminer sur quoi on travaillera ensemble. Et qu’on me donne des mandats. Si on ne fait pas cela, on sera condamné à la stagnation. »

Ce qui l’a surpris

– La vitalité des municipalités rurales et des bénévoles qui y œuvrent.

– Les exigences du travail de législateur : articuler sa pensée sur le projet de loi en cohésion avec ses valeurs, les besoins du Québec.

– La difficulté de la région à parler d’une seule voix, à se donner un leader.

Des opposants critiquent le bilan de Sylvain Rochon

Appelés à commenter le bilan du député Sylvain Rochon, un an après son élection, ses anciens adversaires Benoit Théroux du Parti libéral du Québec (PLQ) et Jean-Bernard Émond de la Coalition avenir Québec (CAQ) sont critiques à son égard.

Pour un, M. Émond affirme que son évaluation du bilan de Sylvain Rochon se résume en deux mots: pilote automatique.

« Notre député souffre d’un manque flagrant de leadership régional. J’ai l’impression qu’il a de la difficulté à sortir de son rôle d’attaché politique qu’il a occupé pendant longtemps et de ce fait, la région se retrouve plongée dans un immobilisme politique au niveau provincial. Nous avons besoin d’un député fort qui saura s’élever au-dessus de la mêlée et insuffler un vent de positivisme, de collaboration et d’innovation sur la région. Pas seulement quelqu’un qui va émettre sporadiquement des communiqués de presse insipides sortis des archives de ses prédécesseurs. »

L’économie d’abord

M. Théroux est plus nuancé. Pour lui, le développement économique d’un comté devrait passer par le député. Mas ce n’est pas le cas, croit-il. M. Rochon est, selon l’ex-candidat libéral dans Richelieu, tellement occupé par son travail de législateur.

« Reste que je déplore que depuis 30 ans, nos parlementaires soient toujours contre. On n’avance pas de cette façon. Il faut être capable de compromis. »

Car des mesures s’imposent dans la région, insiste-t-il. « On voit depuis un an une grande incertitude dans nos grandes entreprises. Le député devrait se coller sur les ministères économiques. Il nous faut donner un coup de barre. Le député dans ce genre de dossier doit jouer un rôle de rassembleur. »

« Comme la Ville doit aussi développer des terrains, investir dans des services et infrastructures. Qu’elle fasse des ententes avec des promoteurs s’il le faut. Le député doit se mettre au service de la région plutôt que de la cause. »

Il presse d’acquérir les terrains d’Hydro-Québec et aussi de prolonger la 30 jusqu’à la 122. Car il y a, à Drummondville, de nombreux exportateurs qui gagneraient à expédier depuis Sorel-Tracy ou Contrecœur. « Si j’étais député, c’est en ce sens que je travaillerais », conclut M. Théroux.

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