27 juin 2017
Sylvain Rochon souhaite plus de mesures pour les agriculteurs
Par: Louise Grégoire-Racicot
Paul Caplette de l’entreprise Céréales Bellevue, à Saint-Robert, montre à Sylvain Rochon sa technique pour ralentir la vitesse de l’eau. | Photo: Gracieuseté/Caroline Bouchard

Paul Caplette de l’entreprise Céréales Bellevue, à Saint-Robert, montre à Sylvain Rochon sa technique pour ralentir la vitesse de l’eau. | Photo: Gracieuseté/Caroline Bouchard

Améliorer la qualité de l’eau dans la Baie Lavallière et diminuer l’importance des inondations dont les agriculteurs sont victimes ont été l’objet d’une étude hydrologique menée par des experts pour le compte du gouvernement. Le député Sylvain Rochon commente ses conclusions.

Quelque 78% des produteurs de ce secteur se sont engagés à diminuer les impacts de l’agriculture sur le milieu naturel, rappelle-t-il.

Il faut les laisser initier de nouvelles pratiques agroenvironnementales, suggère-t-il.

Ce faisant, on préservera leur gagne-pain, le milieu naturel, l’apport économique des activités agricoles et récréotouristiques.

Draguer

M. Rochon estime qu’il faille draguer le secteur à un coût estimé de 3 M$.

Un dragage d’entretien de la rivière Pot-au-Beurre raccourcirait en moyenne la durée d’une inondation de trois à une journée, pour les pluies qui affectent la zone de récurrence 0-2 ans, cite l’étude.

Il n’y en aurait plus dans le cas de la Petite Pot-au-Beurre alors qu’on en compte trois actuellement. « Une différence énorme d’un point de vue agronomique », rappelle le député.

Ainsi les producteurs pourraient ensemencer leurs champs à des dates hâtives au printemps pour que les rendements à l’automne soient intéressants. « Ce qu’ils souhaitent et est de moins en moins le cas », commente-t-il.

Garder la digue

Pour réduire les inondations, l’Union des producteurs agricoles (UPA) réclamait d’enlever la digue opérée par la Société d’aménagement de la Baie Lavallière (SABL). Mais l’étude révèle qu’elle n’y est presque pour rien dans les inondations non printanières (dues à la hausse du niveau du fleuve).

M. Rochon appuie plutôt ce souhait des responsables de la SABL qu’on mette en place une vanne de contrôle supplémentaire sur cette digue. Ce qui serait bon pour la faune aquatique, rappelle-t-il.

Une aide à la ferme des Paul

:M. Rochon souhaite qu’on fasse des travaux d’aménagement de beaucoup moins grande envergure pour contrer les problèmes d’inondation les plus aigus, dont ceux rencontrés sur la terre de la famille Paul à Sainte-Anne-de-Sorel. Et ce, en attendant de trouver une solution globale.

Il trouve les producteurs bien avisés d’être prudents à l’égard des offres que leur fait le gouvernement en matière de rachat de terres ou de servitudes. D’autant que l’étude hydrologique précise que cela ne réglerait qu’une partie du problème et n’améliorerait qu’en partie la condition du marais. « Il faut étudier cet axe de solution de même que les autres mesures de réduction d’apports et de transports de sédiments au marais », pense-t-il.

« Ils sont mieux placés pour évaluer cette option puisque la décision très difficile de vendre ou pas une terre est liée à plusieurs considérations qui varient d’une entreprise à une autre. Je serai à leur côté quelle que soit leur décision », les assure-t-il.

Toujours pas de réponse du ministère

Sauf une rencontre avec des agriculteurs où il a été question de racheter leurs terres, le ministère de l’Agriculture garde un silence total sur la suite à donner à l’étude hydrographique sur la baie Lavallière, déplore le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal.

« Je crois qu’il y a un mur entre le gouvernement et les régions. Nous arrivons à nous parler dans la région (MRC, UPA, SABL) pour régler ce problème de qualité d’eau et d’inondation des terres. Mais les ministères (Agriculture, Faune et parcs, Environnement) n’acceptent aucune des solutions qu’on peut avancer », rajoute-t-il.

« On a aussi parlé d’aménagement faunique, d’un barrage ouvrable pour varier le niveau d’eau au besoin, de plantations d’arbres. Mais rien ne fait », déplore-t-il.

Les producteurs s’impatientent quand ils ne deviennent pas carrément cyniques, conclut-il.

Au ministère de l’Agriculture, une porte-parole a dit avoir transmis nos questions à qui de droit. Mais aucune réponse ne nous est encore parvenue.

À la MRC

La MRC Pierre-De Saurel suit de près ce dossier de la qualité des eaux de la baie Lavallière et de la rivière du Pot au beurre, assure le préfet Gilles Salvas. Elle en a la gestion.

« Il semble que la solution n’est pas encore retenue parce que le problème est très complexe », souligne-t-il.

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