14 décembre 2018
Assermenté comme directeur du SPVM
Sylvain Caron, un homme de défis
Par: Jean-Philippe Morin

Le Sorelois Sylvain Caron a été assermenté comme le 40e directeur du SPVM, le 12 décembre. (Photo gracieuseté)

Ayant débuté son parcours de patrouilleur à la Ville de Sorel en 1981, Sylvain Caron n’aurait jamais anticipé se retrouver, 37 ans plus tard, à la tête du plus gros corps de police municipal au Québec, soit le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Il a été assermenté comme le 40e directeur du SPVM, le 12 décembre.

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En entrevue avec le journal Les 2 Rives, M. Caron dit se souvenir très bien d’où il est parti. La région a forgé la personne qu’il est aujourd’hui, dit-il.

« Mon père avait un commerce et travaillait dans le public. Dans ma famille, personne n’avait été policier avant moi. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est un domaine qui m’intéressait. J’ai fait mon programme de Techniques policières au Cégep Ahuntsic en 1978, puis j’ai fini à Nicolet en 1981. J’ai travaillé un mois et demi à Le Gardeur, puis quand un poste s’est ouvert dans mon coin à Sorel, j’ai appliqué et je me suis fait engager! », raconte-t-il.

Un parcours parsemé de succès

M. Caron a alors travaillé pendant 21 ans au poste de Sorel. Lors du décès du directeur du poste Brian Lannigan en 1997, il a été nommé directeur du poste par intérim. Il a ensuite été confirmé comme directeur en 1999, puis retenu comme le directeur du Service de police et d’incendie en 2000 à la suite de la fusion entre Sorel et Tracy.

En 2002, lorsque la Sûreté du Québec (SQ) a remplacé la police municipale dans la région, M. Caron est parti relever de nombreux défis à la SQ à Boucherville, Saint-Hyacinthe, Drummondville puis à Boucherville à nouveau. Ensuite, il a été nommé commandant du district de l’Estrie avant que Martin Prud’homme, en 2014, le recrute comme directeur général adjoint de la SQ.

« Il a aimé certaines structures que j’ai mises en place lorsque j’étais en Estrie. À la base, je suis un gars de terrain. Ce que je veux faire, c’est être dans les opérations. Au fil des années, je me suis développé une passion pour la gestion. J’ai monté les échelons un peu par accident. Je suis un gars qui aime relever des défis », souligne-t-il.

Puis en mars 2018, Martin Prud’homme, nommé directeur par intérim du SPVM afin de redresser le corps policier, fait appel à Sylvain Caron pour diriger la division des enquêtes criminelles. Ce même Martin Prud’homme qui a rédigé un rapport dans lequel il recommande l’embauche d’une ressource externe pour diriger le corps policier.

« Jamais je n’aurais pensé dans mes rêves les plus fous me retrouver à la tête du SPVM. C’est l’atteinte d’un objectif que je n’ai jamais vraiment eu, en fait! », dit-il en riant.

De nombreux défis

À peine sorti d’une crise qui a provoqué le départ de l’ancien directeur Philippe Pichet, le SPVM se redresse peu à peu. Les défis du Sorelois sont donc nombreux, lui qui a signé un contrat de cinq ans.

« Dans son rapport, Martin Prud’homme parle d’un plan d’action de trois ans. Il faut se fixer des objectifs à court terme parce que les choses vont vite, tout en ayant une vision à long terme. Montréal a une réalité que d’autres marchés n’ont pas. Il faut se demander aujourd’hui : où voit-on Montréal dans 10 ans? Il faut adapter le service en fonction de la diversité. C’est un beau défi de gestion, il faut mobiliser les troupes. La situation s’est régularisée, ça progresse, mais c’est encore loin d’être parfait », conclut-il, en ajoutant qu’il reste attaché à la région puisque ses deux fils y sont toujours.

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