11 juillet 2017
Sous-financés, les organismes lancent un cri du cœur
Par: Sarah-Eve Charland
Les organismes communautaires de la région dénoncent un sous-financement les forçant à faire des pieds et des mains pour maintenir en vie leurs services. | TC Média - Sarah-Eve Charland

Les organismes communautaires de la région dénoncent un sous-financement les forçant à faire des pieds et des mains pour maintenir en vie leurs services. | TC Média - Sarah-Eve Charland

Les organismes communautaires de la région dénoncent un sous-financement du gouvernement du Québec malgré l’annonce d’un investissement de 1,2 M$ en Montérégie pour 2017-2018.

« Ça ne répond pas aux besoins. Il n’y a pas beaucoup d’argent neuf. Ça correspond à 0,7% d’augmentation des budgets en Montérégie », déplore le directeur général de la Corporation de développement communautaire Pierre-De Saurel, Jean-François Daigle.

La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a fait l’annonce d’un investissement de 80 M$ au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) pour l’ensemble du Québec sur une période de cinq ans.

Cela représente 10 M$ en 2017-2018, dont 1,2 M$ en Montérégie qui sera partagé parmi les 344 organismes dans la région. Les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) seront responsables de répartir le financement en fonction des besoins régionaux.

La Table régionale des organismes communautaires a dénoncé l’annonce de la ministre Charlebois.

« Depuis les quatre dernières années, le gouvernement ne cesse de diminuer l’indexation versée aux organismes communautaires, mentionne la directrice générale, Johanne Nasstrom. La TROC-Montérégie répète au gouvernement que les responsabilités des organismes, en tant qu’employeur, doivent être prises en considération au même titre que le réseau de la santé. »

Loin de répondre aux besoins

La maison de répit Halte-Soleil reçoit annuellement près de 123 000$ du PSOC. Cela correspond à près de 40% de son budget annuel. Le directeur général, Patrice Désilets, doit trouver du financement dans la communauté pour compléter son budget.

« Ça nous prendrait quatre fois plus d’argent pour fonctionner normalement en ouvrant sept jours sur sept, 24h. Ce n’est pas beaucoup d’argent », dénonce M. Désilets.

Il doit parfois refuser des gens puisqu’il n’a pas les ressources pour les accueillir. La problématique est la même du côté de la Maison Le Passeur. Les sous remis sont loin de suffire, assure la directrice générale Louise Plante.

« Les besoins sont grandissants. On essaie de faire attendre le moins possible notre clientèle parce qu’on risque de la perdre. Mais, on n’a pas le choix. On manque de ressources. On doit mettre des gens sur une liste d’attente », souligne-t-elle.

La ministre se défend

La ministre Charlebois considère l’annonce comme un réinvestissement majeur dans le milieu communautaire.

« Depuis 2001, c’est du jamais-vu. Je suis fière de l’investissement. On a tenu compte de l’indexation de l’Indice des prix à la consommation (IPC). La Montérégie a la deuxième plus grande enveloppe budgétaire de la province. Par cet investissement, on reconnait l’importance du milieu communautaire », assure-t-elle.

Mme Charlebois répond aux organismes qui déplorent un sous-financement. « Mais comment ont-ils fait les autres années? Ce n’est pas au gouvernement de financer à 100% les organismes. La communauté doit aussi contribuer », conclut-elle.

Statistiques en Montérégie*

– 92% des organismes vivent du sous-financement

– 78% des organismes vivent une surcharge de travail

– 38% des organismes ont enregistré un déficit budgétaire

– 50% des organismes ont dû diminuer leurs services

– 20% des organismes ont dû mettre fin à des projets

*Source : Sondage de la Table régionale des organismes communautaires (TROC) Montérégie publié en mars 2017

Organismes visés par l’investissement

– Organismes reconnus au programme, mais non financés actuellement

– Organismes déjà financés qui connaissent des demandes croissantes

– Organismes qui rencontrent des défis particuliers

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