3 mars 2016
Sorel-Tracy se porte à la défense du Saint-Laurent
Par: Louise Grégoire-Racicot

La Ville de Sorel-Tracy fut la première municipalité québécoise à s’élever contre le fait que Waukesha, au Wisconsin, désire puiser son eau potable dans le lac Michigan.

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Elle réclame du premier ministre Couillard qu’il s’oppose à ce prélèvement, conformément à l’entente sur les ressources en eaux durables des Grands Lacs signée en 2005 par huit états américains, l’Ontario et le Québec formant le Conseil régional des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Mais l’entente le permet, si une consultation publique lui est favorable, parce que Waukesha chevauche la ligne de partage des eaux entre le bassin des Grands Lacs et ceux du fleuve.

Mais cette consultation consiste en une seule rencontre publique à Waukesha même, une démarche brève et sommaire, pense M. Péloquin. Il presse donc Québec de rejeter cette demande rapidement, d’autant que les membres du conseil doivent l’étudier à la fin du printemps.

Rappelons que Waukesha, dont l’eau est actuellement contaminée, souhaite bâtir une canalisation d’une vingtaine de kilomètres jusqu’au lac Michigan pour approvisionner ses 70 000 habitants en eau.

Un précédent

Sa demande de transfert est la première soumise aux partenaires de l’entente. Ce qui inquiète M. Péloquin qui refuse que l’on crée ainsi un précédent en y acquiesçant.

« La cause de l’eau est fort importante pour nous. Comme toutes les villes riveraines, ce qui se passe en amont nous interpelle », affirme Serge Péloquin.

C’est dans une lettre au premier ministre Couillard, qui accompagne la résolution de la Ville votée le premier février dernier en assemblée publique, qu’il rappelle que Waukesha a une source d’eau alternative et à moindre coût que celle des Grands Lacs. Que cette dernière se propose de fournir de l’eau à certaines villes.

« Quand on connait les problèmes de sécheresse que vivent certains états, du projet de pipeline pour transporter de l’eau vers le sud des États-Unis, on ne peut accepter de faire ce premier pas. Nous avons au Québec 20% des ressources mondiales en eau douce de surface, il faut les protéger adéquatement », insiste-t-il.

« Tout prélèvement d’eau dans le bassin des Grands Lacs, source du Saint-Laurent, peut en affecter le niveau. Un bas niveau assèche nos berges et détruit les habitats naturels dont notre région est riche. On ne peut pas que réagir à cette perspective en disant non à cette demande. Québec a un gros mot à dire en ce sens. »

Sorel-Tracy, dans sa résolution, fait aussi appel au soutien des membres de L’Alliance des Villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, qui représente 121 municipalités et 17 millions d’habitants. Plus d’une vingtaine, dont Montréal, Trois-Rivières, Québec et Salaberry-de-Valleyfield, lui ont déjà emboité le pas.

Québec ne commente pas

« Par respect pour la procédure en place et à l’égard de ses partenaires, le gouvernement du Québec ne commentera pas le projet durant le processus d’examen régional et sa position sera rendue publique lors de la rencontre du Conseil régional du 21 avril 2016 », a spécifié laconiquement Geneviève Lebel, coordonnatrice aux relations avec les médias du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

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