7 mai 2019
Rapport 2018 de la situation entrepreneuriale selon la FCEI
Sorel-Tracy se classe au 114e rang du classement général
Par: Katy Desrosiers

La Ville de Sorel-Tracy est au 114e rang du classement général de 2018 de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes. Photo Philippe Manning

Serge Péloquin affirme avoir rencontré des investisseurs travaillant dans les stratégies d'implantation d'entreprises qui ont visité la région. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Sorel-Tracy se classe 114e sur 125 villes et agglomérations au classement général de 2018 effectué par la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI). Le résultat tient compte des perspectives de développement, des politiques mises en place et de la présence entrepreneuriale sur le territoire.

Les 13 indicateurs sont regroupés en trois catégories. La première est la présence, qui prend en compte des critères comme le nombre d’entreprises par 100 habitants et le pourcentage de travailleurs autonomes. Le second est la perspective. Dans cette catégorie, l’organisation compile les réponses des entrepreneurs questionnés concernant leur projection dans l’avenir. La troisième est la politique, qui regroupe les différentes façons qu’ont les décideurs locaux de favoriser l’entrepreneuriat sur le territoire.

Pour la catégorie présence, Sorel-Tracy mérite une cote de 8,3 sur 33,3. Dans la catégorie perspective, elle a une cote de 13,0 sur 33,3. Pour le volet politique, elle obtient une cote de 26,4 sur 33,3. La ville en première position obtient la cote de 100 et les autres villes sont classées en pourcentage par rapport à celle-ci.

Utiliser le rapport à bon escient

Selon le directeur principal de la recherche nationale pour la FCEI, Simon Gaudreault, ce rapport donne un outil diagnostique pour les communautés locales.

« Le classement, c’est un ensemble d’indicateurs qu’on peut décortiquer pour voir sur quoi on veut travailler dans les prochaines années pour être plus dynamique en tant que ville », mentionne-t-il.

Il explique que la position de Sorel-Tracy est peut-être due au fait que la ville en est une industrielle, qui a hérité d’une certaine façon de faire. «  Le développement économique de l’époque, ça repose traditionnellement, et je pèse mes mots, sur les grandes industries. Le défi pour changer est plus grand que dans d’autres villes. Il faut travailler là-dessus pour diversifier le tissu économique. Plusieurs PME dans différents secteurs d’économie, c’est ce qui va faire une ville forte », recommande M. Gaudreault.

Selon le rapport, le changement en pourcentage de l’augmentation des établissements commerciaux est de –15,6 %. Cependant, il souligne que la cote de Sorel-Tracy est élevée pour la catégorie politique, ce qui signifie qu’elle possède de bons incitatifs financiers pour attirer les PME. Il croit aussi que les banlieues de grandes villes ou des villes importantes dans leur région, comme Sorel-Tracy, sont plus favorables en général que le cœur des grandes villes.

Une donnée que s’explique mal M. Gaudreault est le nombre nul de répondants souhaitant embaucher des employés à temps plein. « À cette question, on ne demande pas de se projeter sur 12 mois ou plusieurs années. C’est possible qu’il y en ait qui prévoient d’embaucher à plus long terme. Le zéro, c’est une exception statistique. Si on posait la question demain matin, ce serait surement différent », précise-t-il.

Simon Gaudreault croit que l’important est d’utiliser le rapport afin de se guider avec les différents indicateurs, mais de venir préciser les constats, sur le terrain, avec les observations de la communauté locale.

Les villes ou quartiers sélectionnés dans le classement sont les 125 de plus de 20 000 habitants, déterminés par Statistiques Canada. Pour réaliser le classement, la FCEI se sert d’informations de sondages réalisés auprès de ses membres et de données récoltées par Statistiques Canada. Les membres de la FCEI sont des entreprises indépendantes, qui ont en moyenne de 10 à 12 employés et qui ne sont pas cotées en bourse. La FCEI a été créée il y a 40 ans. Il s’agit de la 10e édition du rapport annuel.

« L’entrepreneuriat se porte bien dans la région » – Serge Péloquin

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, a réagi au classement général de l’indice entrepreneurial de 2018 réalisé par la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, qui place Sorel-Tracy au 114e rang sur 125 villes ou agglomérations. Selon lui, le sondage comporte quelques lacunes.

Plusieurs indicateurs sont utilisés pour coter les municipalités, dont les perspectives d’emplois à temps plein. En 2018, lorsque la question a été posée à des entreprises membres dans la région, la réponse aurait été qu’elles ne songeaient pas à embaucher à temps plein. « On a parlé avec Josée Plamondon du Centre local de développement. Ça ne se peut pas. Cette note compte dans le volet perspective et si on a 0, ça vient jouer sur la note. On ne comprend pas », explique le maire.

Bien que la cote de Sorel-Tracy soit plus basse dans la catégorie présence et perspective avec respectivement 8,3 et 13,0 sur 33,3, la cote dans la catégorie politique est plus élevée avec 26,4. « Si on compare avec 2016, on a eu une augmentation de 3,3 pour la présence des entreprises. Cependant, dans une situation de plein emploi, plusieurs ne veulent pas se partir d’entreprise », croit Serge Péloquin.

Pour le moment, Sorel-Tracy mise davantage sur les grandes entreprises. « C’est correct d’avoir plusieurs petites entreprises, mais il faut aussi voir où on met la grosse entreprise. On a fait l’acquisition de sept millions de pieds carrés avec la zone industrialo-portuaire, il y a l’arrivée prochaine d’un arrimeur pour exploiter une partie du site, il y a de leurs clients qui veulent s’établir en Amérique du Nord, il y a la fromagerie Bel avec 150 emplois, la prison est venue s’installer avec quelque 300 emplois. Ça ne rentre pas dans le rapport ça », souligne M. Péloquin.

Le maire croit que le passé industriel de la ville peut constituer un défi dans le virage pour attirer des PME, mais affirme qu’il faut investir intelligemment. « Si on se compare avec Salaberry-de-Valleyfield, Thetford Mines et Shawinigan, qui sont des villes semblables à Sorel-Tracy, on remarque que leur ratio cible est fort, donc elles ont investi plus que leur capacité de remboursement, explique Serge Péloquin. Nous, ici, on réussit à faire des investissements en respectant nos ratios cibles décrétés par le gouvernement ».

Favoriser le commerce local

Une des solutions pour Serge Péloquin passe par le commerce local. « Il faut réussir à arrêter les gens de prendre l’autoroute 30 pour aller encourager les entreprises de la Rive-Sud de Montréal. Là, il y aurait des entreprises qui s’implanteraient ici », insiste-t-il.

Une autre façon d’améliorer la situation sera d’actualiser le modèle de développement économique. « Il faut clarifier les rôles et responsabilités des différentes organisations de la région pour être plus efficaces et qu’on ne se pile par sur les pieds. Quand tout le monde veut tout faire, ça perd du tonus à mon avis », lance le maire.

Cette position au sondage ainsi que le développement économique grandissant de Contrecœur n’inquiètent pas Serge Péloquin. « On ne se fie pas tant sur le sondage, on regarde plutôt les entrées des promoteurs, les demandes à l’urbanisme. À Contrecœur, ils ne vont faire que du conteneur. C’est le Port de Montréal, ce n’est pas plein d’entreprises, précise le maire. Nous, ce sera du cabotage, de l’international et du multifonction. Pour la Cité 3000, je ne vais pas commenter, c’est une affiche sur le bord de la route. Certains ont réservé des espaces dans le but d’éviter la compétition, comme Canac. Ça fait trois ans que c’est annoncé et il n’y a personne d’installé ».

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