20 décembre 2016
Sorel-Tracy et entreprises s’objectent au tracé de la route industrielle
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le débat entourant la route industrielle et les camions lourds circulant à Saint-Joseph-de-Sorel dure depuis environ 20 ans. | Photo: TC Média - archives

Le débat entourant la route industrielle et les camions lourds circulant à Saint-Joseph-de-Sorel dure depuis environ 20 ans. | Photo: TC Média - archives

Le conseil municipal de Saint-Joseph-de-Sorel est amèrement déçu que les membres de la Commission parlementaire de l’aménagement aient, le 7 décembre dernier, reporté à plus tard l’étude détaillée du projet de loi d’intérêt privé visant à implanter une route industrielle privée pour camions lourds sur son territoire.

« Le projet est déposé depuis deux ans. Il ne détermine pas le tracé de la route. Il autoriserait Saint-Joseph à verser une aide financière pour la construction d’une route privée sur des lots privés. Ce qui est défendu actuellement », explique le maire Olivar Gravel.

Cette route, explique-t-il, permettrait une circulation plus fluide de camions lourds desservant le Terminal maritime et les Forges de Sorel. Elle passerait sur leurs terrains pour déboucher dans le secteur Tracy. Ce dossier de la route industrielle a fait couler beaucoup d’encre au cours des 20 dernières années puisqu’une entente n’a jamais été possible à ce jour.

« Heureusement, on a enregistré un seul accident où un jeune enfant a été légèrement blessé. Nous tenons à assurer la plus grande sécurité possible à tous nos citoyens », plaide-t-il.

Mais ce qui l’a particulièrement vexé, c’est que sa Ville n’ait appris que le matin même de l’audition qu’elle était reportée aux calendes grecques.

« Quand et pourquoi, on ne nous le dit pas. Ce matin-là, il n’y avait pas un chat. Le projet était retiré alors que nous nous étions rendus à Québec avec notre avocat pour le défendre », dit M.Gravel, dépité.

En défaveur

Mais comme la Ville de Sorel-Tracy, des entreprises ne seraient pas en faveur d’un tel tracé, ce qui a amené le député Sylvain Rochon à demander le report de la discussion sur la demande de Saint-Joseph-de-Sorel.

« On m’avait dit que les entreprises ne s’objectaient pas. Mais quelques heures avant la tenue de la Commission parlementaire, des entreprises me font savoir qu’il y a des objections. Une parle même de contester la loi si elle était adoptée. Car cette route pourrait nuire à ses opérations », explique M. Rochon.

Reconnaissant sans peine l’importance de cette route, il insiste: « il faut prendre le temps de trouver ensemble une solution acceptable pour tous ».

La Ville de Sorel-Tracy devait y dénoncer cette loi privée. Car, dit le maire Serge Péloquin, trop de camions arriveraient au même point de sortie sur son territoire. Sorel-Tracy favorise donc un autre tracé.

« Après avoir consulté les entreprises concernées, je me rends compte que ce projet leur semble irréalisable tant au plan technique qu’en matière de sécurité au travail et en sécurité civile. Je crois qu’on arrivera à une entente en mettant tout le monde dans le coup », a conclu M. Péloquin.

Quant aux élus de Saint-Joseph, ils considèrent cette intervention comme une entrave à son autonomie, à son autorité sur son propre territoire.

Richard, Godin, directeur de l’ingénierie, entretien et énergie chez Finkl Steel – Sorel, a refusé de commenter la situation. « Nous désirons maintenir de bonnes relations avec la Ville de Saint-Joseph. Aussi, nous ne voulons pas amener ce débat sur la place publique », a-t-il dit, rappelant que son entreprise n’était pas présente à la Commission parlementaire.

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