20 mars 2018
Signons!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

De tout temps, les Sorelois ont réclamé des soins de santé de qualité. Ils sont descendus dans la rue pour le faire. Il n’y aurait pas eu, sans cela, de bronchoscope à l’Hôtel-Dieu de Sorel, pourtant payé par les dons faits à la Fondation Hôtel-Dieu! Mais la bataille la plus coriace est à venir!

Celle du retour d’une direction locale dans les établissements sorelois de santé. Comme un comité d’élus, citoyens et membres de syndicats locaux le réclame, découragé par la façon dont sont gérées les ressources humaines du réseau sorelois de la santé.

Avec la réforme Barrette, l’autonomie du réseau santé de Sorel a disparu. Rien ne se décide désormais ici. Par exemple, la centralisation des services de laboratoire (Optilab), à l’hôpital Charles-LeMoyne, a coûté des emplois à Sorel.

On parle aussi de centralisation des services psychosociaux et de déplacement de spécialités médicales vers les hôpitaux de Saint-Hyacinthe et de Longueuil.

Les travailleurs sorelois ont aussi dénoncé la charge croissante de travail et le manque d’effectifs pour l’accomplir sécuritairement. Celle des infirmières nous a fait prendre conscience qu’on n’était pas ici en recherche proactive de solution (adapter les horaires de travail – comme certains hôpitaux montréalais l’ont fait).

Puis l’Alliance des professionnels (250 travailleurs sociaux, éducateurs, professionnels liés à la réadaptation, les organisateurs communautaires, technologistes médicaux et professionnels en Centre jeunesse) a dénoncé les mêmes graves problèmes.

Ici, 1500 personnes travaillent dans le réseau de la santé. L’équipe de direction a, elle, son bureau à Longueuil, y gérant le CISSS Montérégie-Est (trois hôpitaux, 12 CLSC, etc.). Les Sorelois se demandent avec raison quelle place ils occupent dans ses priorités? Que sait-elle de leurs besoins, de ses personnels?

Les Sorelois ne doivent plus tolérer ces conditions de travail qui se détériorent, ces décisions administratives non conformes à leurs besoins et priorités (ajout d’équipements par exemple), ni la diminution de la qualité des services sociaux et soins de proximité.

Bien sûr, Sorel ne semble pas la seule sous-région à vivre toutes les détériorations engendrées par la centralisation que le Dr Barrette et son équipe ont imposée. Mais elle est la première à les dénoncer.

Ce pourquoi il faut signer la pétition qui circule actuellement sur Internet (https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-7261/index.html).

La période électorale amorcée sera certes propice pour bien afficher, auprès des candidats, ce qu’on attend de ce système essentiel dont nous dépendons tous à un moment ou l’autre et dont nous payons le fort prix à même nos impôts!

Mais il faut être réaliste. La bataille en est une de longue haleine contre une politique gouvernementale d’organisation du travail. La région ne peut en sortir gagnante sans aussi rallier toutes les autres sous-régions qui se sentent dépossédées, démunies face à des dirigeants qu’ils ne connaissent même pas.

Sur papier, cette réforme peut paraitre logique financièrement parlant. Mais elle n’est certes pas d’une logique humaniste, soucieuse de coller aux besoins des milieux. Comme si les sous-régions n’en méritaient pas tant!

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