28 février 2018
« Si [Martine Ouellet] démissionne, on pourrait revenir » – Louis Plamondon
Par: Jean-Philippe Morin
Louis Plamondon et six autres députés siégeront comme indépendants à la Chambre des communes. (Photo: archives)

Louis Plamondon et six autres députés siégeront comme indépendants à la Chambre des communes. (Photo: archives)

Le doyen de la Chambre des communes, Louis Plamondon, s’est rallié à six autres députés qui ont claqué la porte du Bloc québécois, le 28 février. En entrevue, le député de Bécancour–Nicolet–Saurel souligne que la crise traine depuis un an.

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« On nous avait promis des changements, mais rien n’a changé. Alors on a décidé de partir, mais on reste membres du Bloc; comme ça, s’il y a un nouveau chef ou une course à la chefferie, on aura notre mot à dire », explique celui qui siégera comme indépendant à la Chambre des communes. « On va continuer de pouvoir intervenir afin de montrer que le fédéralisme n’est pas bon pour le Québec », ajoute-t-il.

Selon M. Plamondon, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a une grande réflexion à faire sur son avenir à la tête du parti. « Si elle démissionne, on pourrait revenir. Ça va commencer à gronder chez les membres », avance-t-il.

L’homme de 74 ans, qui a fait partie des cofondateurs du parti en 1991 à Sorel-Tracy, n’a pas pris cette décision de gaieté de cœur. Malgré tout, il se devait de suivre ses convictions.

« On n’était plus capables de fonctionner. On n’était pas d’accord avec sa façon de diriger. On a essayé de corriger la situation, mais ça n’a rien donné », souligne Louis Plamondon, député depuis 1984.

Malgré tout, M. Plamondon ne croit pas qu’il s’agit de la fin du Bloc québécois. « Le Bloc a traversé plusieurs crises, dont l’expulsion de deux députés. On a toujours réussi à retomber sur nos pattes et c’est ce qu’on va faire », espère-t-il.

Au sujet de sa circonscription Bécancour–Nicolet–Saurel, il avait ce message à lancer à ses électeurs : « Je suis toujours là pour les servir. Je vais continuer de travailler dans leur intérêt et celui du Québec. »

Un discours émotif

Devant les médias à Ottawa, le 28 février, Louis Plamondon en est presque venu aux larmes lorsqu’il a annoncé son retrait du caucus du Bloc québécois.

« Pendant que nous sommes préoccupés à nous disputer sur l’espace public, nous ne défendons pas l’intérêt des Québécoises et des Québécois. Nous ne jouons pas le rôle pour lequel la population nous a élus. […] Les divergences que nous avons avec notre chef sont maintenant trop grandes pour qu’une paix durable soit envisageable. […] La nouvelle orientation préconisée par la chef du Bloc québécois subordonne les intérêts du Québec à la promotion de l’indépendance […] », a-t-il notamment dit.

La démission de Gabriel Ste-Marie, le 25 février, de son poste de leader parlementaire du Bloc, a mis au jour cette nouvelle crise. Seulement trois députés sur les dix du Bloc québécois continuent d’appuyer Martine Ouellet et resteront avec le parti, soit Xavier Barsalou-Duval, Mario Beaulieu et Marilène Gill.

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