6 mars 2017
Serge Péloquin en huit questions
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, a accordé une entrevue au journal Les 2 Rives. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, a accordé une entrevue au journal Les 2 Rives. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, a accordé une entrevue au cours de laquelle il a levé le voile sur son rôle et sur certains de ses traits de caractère.

Q1: Comment assumez-vous votre rôle de maire ?

Le maire est un paratonnerre. La personne imputable de tout ce qui se passe ou ne se passe pas. Il est le premier défenseur des intérêts de sa ville, sous tous les aspects. Il a sa vision, mais doit la partager avec ses huit conseillers. Une fois une décision prise, il doit en surveiller l’exécution. Je suis fier de mon conseil. On travaille en consensus. Il y a peu de dissidences, mais de nombreuses discussions. Il arrive que certains sujets soient plus sensibles et on a alors recours au vote pour trancher. Mon rôle est aussi de rassembler et d’animer. Mon conseil sait que je travaille pour ma Ville, pas pour moi. La population a aussi des besoins et des attentes que l’on connaît et auxquels on tente de répondre justement en fonction de la capacité de payer des contribuables. On est dans l’action.

Q2: Cartésien ou émotif?

Je suis un beau mélange des deux. Défendre une cause ou une vision demande une charge émotive, une passion. Mais pour la réaliser, on a besoin d’une structure. J’ai toujours été un créatif qui sait aussi ce qu’est l’administration, la gestion et l’organisation. Ce qui m’a réussi au privé, je le mets maintenant au service du bien collectif.

Q3: Planificateur ou spontané?

Le nombre d’heures que je mets à planifier mes affaires sous tous les angles fait de moi un ultra planificateur. Mais j’ai le flair et la grande sensibilité qui permettent d’identifier si un projet sera bon ou pas. Je suis assez efficace en la matière. Toutes mes grandes réussites ont été des décisions spontanées que j’ai évaluées, structurées et réalisées! Mon père me l’a appris en disant toujours: « Prends ton temps. Après, cela ira plus vite. »

Q4: Batailleur ou rassembleur?

Quand j’ai une idée, je tente de rassembler autour de moi des gens qui sont dédiés à cette vision. Je n’ai pas un modèle unique d’équipe. Mais je travaille en gang. L’idée me vient. Je la partage avec d’autres. Si les gens semblent tièdes, je la mets de côté. Elle n’est probablement pas présentée au bon moment. Mais j’ai vite appris que le coworking accélère la réalisation des projets.

Q5: Soupe au lait ou pas?

La plupart des gens avec qui je travaille, et même ma femme, diront que je suis boudeur. Dans les faits, je suis plutôt très patient. Tenace. J’aime, comme tout le monde, réussir les choses que j’entreprends. Parfois, je suis déçu qu’elles prennent trop de temps à se réaliser, mais elles demandent de bien définir les concepts et de trouver les opportunités pour les réaliser. En politique, je ne tiens pas compte des blocs de quatre ans imposés par les élections. Peut-être parce que j’ai toujours travaillé comme contractuel. Je fais juste poursuivre les engagements que j’ai pris. Qu’ils soient finis avant ou après l’élection m’importe peu. Mais je ne pensais pas qu’on pouvait en faire autant en un an.

Q6:Ce qui vous plait en politique?

J’aime contribuer à l’avancement des familles, des gens et des entreprises de la ville, trouver des solutions à des problèmes, bâtir une ville où les gens ont le goût de vivre, assurer du confort à mes 35 000 citoyens même si je ne les connais pas tous personnellement. La vie politique demeure pour moi la plus grande expérience humaine que j’ai vécue.

Q7: Ce qui vous déplaît en politique?

Les donneurs de leçons. Les « faut faire avec ». Moi je carbure aux défis. Mais je trouve toujours difficile de voir qu’avant de parler de projets, il faut passer à travers des règles et règlements qui grugent du temps, des ressources, de l’énergie et de l’argent.

Q8:Quelle place prenez-vous à la MRC ?

La ville-centre doit jouer un rôle de leader, à l’affût de ce qui se passe. Dans les décisions régionales, chaque maire doit y trouver son compte. On y arrive la plupart du temps par consensus. Mon gros défi est de m’assurer de l’impact financier et social des projets et décisions, d’en considérer tous les aspects pour tous. Il m’apparaît essentiel d’éviter les doublons, ne pas payer deux fois pour le même service. On a eu de bons résultats (parc éolien, entente loisirs, traitement des matières résiduelles, écocentre, transport collectif, etc.). Souvent, certaines décisions sont affectées par des décisions précédentes et sans rapport. Ce qui est triste, mais tellement humain. Si les gens se sentent injustement traités, ils seront plus sensibles.

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