7 septembre 2021
Se faire une tête
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans la région, Louise Grégoire-Racicot livre ses impressions dans une chronique hebdomadaire au journal Les 2 Rives depuis 2018.

Une campagne électorale nationale met rarement les candidats des comtés en évidence. Pourtant, voilà des gens qui font preuve d’audace, de conviction et d’une grande confiance en eux, en leurs capacités de nous convaincre de voter pour eux.

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Ils croient que le parti qu’ils représentent saura soulager sinon combler les problèmes de leurs commettants. Alors que ces derniers ont l’importante tâche de jauger chaque candidat pour retenir celui qu’ils éliront. Curieux donc que l’annonce d’une élection à venir les contrarie si souvent.

Pour plusieurs, ce n’est jamais un bon moment pour la déclencher. Bon nombre s’abstiennent même de voter, qui pour manifester leur désapprobation, qui parce qu’ils ont la fâcheuse impression que leur vote ne changera rien. D’autres plus cyniques croient que les politiciens sont tous pareils. Enfin plusieurs, par insouciance peut-être, refusent de voir en la démocratie et dans la votation, un privilège pour lequel des gens se sont longuement battus. Ils ne votent pas non plus.

Pourtant, voter c’est affirmer sa présence, son choix du candidat à qui faire confiance. Et c’est durant une campagne électorale – moment fort de communications tant personnelles que publiques – qu’on le fait.

Malheureusement, dans tout ce bruit, la parole du candidat a souvent peu d’écho. Des politologues estiment même qu’elle ne compte que pour 2 % à 5 % des éléments qui influencent le choix des électeurs. Ce que je ne comprends pas. Car pour moi, l’élu, peu importe le palier où il siège, est « mon » représentant. Il porte le poids de notre avenir et doit agir en conséquence : réfléchir, consulter, se situer puis agir, porter le flambeau, rassembler, défendre et promouvoir les intérêts de ses commettants, faire avancer les dossiers, provoquer l’aboutissement des projets de sa région, de son coin de pays. Rien de moins!

Ainsi doit-on savoir des candidats comment et pourquoi ils ont adhéré à une bannière plutôt qu’à une autre. Comment ils analysent les difficultés présentes, l’avenir qui attend leurs concitoyens. Ils doivent démontrer comment leur parti saura politiquement, économiquement et socialement, assainir le quotidien des citoyens.

Le mardi 7 septembre, un débat public a lieu où quatre candidats de la région échangeront sur divers sujets. Il permettra de jauger leur approche, leur sens de l’autre et de la communication, mais aussi leurs qualités pour aborder les solutions qu’ils avancent. Puis les médias locaux rapporteront jusqu’au scrutin ce qu’ils auront à ajouter de nouveau et de vrai.

Car cette campagne n’est pas comme les autres. Elle exige le respect de normes sanitaires contraignantes et inhabituelles hors pandémie. Un obstacle de plus pour les candidats. Mais une raison additionnelle pour inciter les électeurs à être plus attentifs encore à leurs propos qui devraient porter aussi sur l’après-pandémie et les choix qu’elle impliquera.

Une campagne électorale, c’est une joute publique où dénicher le candidat qui comprend bien la situation de ses électeurs et veut trouver réponses à leurs questions et besoins. C’est fort exigeant pour les candidats qui prennent leur engagement à coeur. Ça l’est aussi pour les électeurs qui doivent transcender leurs états d’âme pour y repérer leurs idéaux et valeurs. Et voter de façon éclairée, en considérant non seulement leurs intérêts personnels immédiats, mais aussi ceux de leurs petits-enfants et de leur région. Car chaque gouvernement qui passe laisse des traces souvent indélébiles. Aussi bien le choisir avec soin.

Une campagne électorale, c’est le temps fort d’une vie en société où confronter idées et vision d’avenir. Il sera d’autant fructueux si chacun y met son grain de sel. Dans l’isoloir, bien des options sont possibles. On a encore 13 jours pour se faire une tête!

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