9 février 2021
Se battre!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Les élus de Sorel-Tracy ont vite appuyé, le 1er février, les 700 médecins proposant les moyens pour la décentralisation du système de santé qu’ils jugent essentielle.

Publicité
Activer le son

Le conseil réitérait ainsi la préoccupation de quelque 1100 personnes de la région ayant signé une pétition la réclamant. Pétition déposée par le député Jean-Bernard Émond à l’Assemblée nationale en juin 2020.

De fait, il y a presque deux ans, le maire Serge Péloquin avait alerté la population sur cette organisation du travail qu’il déplorait. Le regroupement des médecins l’a interpellé récemment pour mobiliser les maires des 26 villes-centres québécoises à cet égard. Unanime, son conseil l’a suivi, sensible à l’appel de ces médecins rattachés à plus de 50 centres hospitaliers qui disent constater chaque jour à quel point cette centralisation nuit à leur travail.

Les élus sorelois considèrent que les premiers moyens proposés pour rétablir une véritable gouvernance locale sont peu coûteux et rapides à mettre en place dans chaque centre hospitalier – nomination d’un administrateur et d’un directeur des services professionnel, rétablissement du conseil des médecins-dentistes-pharmaciens et d’une table locale des chefs de tous les départements.

Ils ont raison. Voilà des éléments qui faciliteraient la prise de décisions mieux adaptées à la situation de chaque milieu. Car on a vite remarqué que les mesures nationales préconisées en temps de pandémie ne convenaient pas à tous. Qu’on devait faire des exceptions. C’est d’ailleurs ce que réclament les citoyens de diverses régions. Ils acceptent et respectent des mesures d’autant qu’elles sont bien adaptées à la situation qui prévaut chez eux.

Oui, réclamer en pleine pandémie la décentralisation des services risque d’être un coup d’épée dans l’eau. Car il est alors facile d’opposer que les problèmes à solutionner sont d’abord d’ordre sanitaire. Pourtant, les structures sont importantes. Elles peuvent faciliter plutôt qu’entraver les solutions. Et c’est chose possible de les modifier même pendant la pandémie. En octobre dernier, le gouvernement Legault n’a-t-il pas choisi de corriger une ligne de décision en dotant chacun des 700 CHLSD d’un administrateur imputable?

Redonner au conseil des médecins-dentistes-pharmaciens le rôle de chien de garde de la dispense adéquate des soins dans chaque institution importe encore plus alors qu’on doit réévaluer comment partager les soins entre malades de la COVID-19 et des autres pathologies.

Mais en novembre dernier, le gouvernement Legault refusait de rencontrer les représentants de ces médecins. Les élus municipaux sauront-ils le faire revenir sur sa décision dès maintenant? C’est à souhaiter. Car il vaudrait mieux continuer de se battre pour la santé des siens que contre une machine administrative mal ajustée aux besoins, non?

Sur un dix cents

Le 27 janvier dernier, un malheureux accident a causé de multiples blessures à un adolescent qui traversait la route 132 à Saint-Robert pour prendre son autobus scolaire.

Vivement des citoyens ont réclamé et proposé divers changements à la façon dont ce secteur devrait être desservi pour en améliorer la sécurité.

Et bravo, le Centre de services scolaire de Sorel-Tracy a vite réagi. Dès le 28, il a proposé aux 11 élèves de ce secteur – où les véhicules roulent à 90 km/h – de procéder à l’embarquement directement du côté de leur résidence. Comme un comité reverra tous les parcours où une partie du circuit est dans une zone de 90 km/h et plus.

Oui, on a beau prêcher la sécurité du transport scolaire lors de semaines nationales, mais que fait-on tous les jours pour l’assurer mieux encore? Dommage qu’il ait fallu un accident pour rouvrir ce dossier, en particulier dans les zones qui présentent plus de risques d’accident!

image