7 mai 2019
Savoir saluer!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Il aura fallu 34 ans avant que le Gala du mérite économique confère à une femme le titre de Grand bâtisseur. Fabienne Desroches, directrice générale du Cégep de Sorel-Tracy depuis 15 ans, l’a reçu cette année. Un hommage justement et bellement mérité!

Car Mme Desroches a su instiguer au Collège, à son image, un second souffle de fierté, d’implication, de dynamisme. Celle d’un partenaire ouvert et fort présent.

Sous sa gouverne, le Collège s’est confirmé comme partie prenante du milieu dans lequel il s’inscrit fidèlement, professionnellement. Voilà un petit collège devenu grand dispensateur de formation certaine et élargie, adaptée aux besoins du Québec, dans un environnement animé et engagé. Un lieu de connaissances et de relations humaines riches et confortantes pour ceux qui le fréquentent ou y travaillent.

Cet hommage rappelle aussi la place prépondérante que doit occuper l’éducation dans nos choix de vie et de société. Le Collège ajoute aux qualités et talents des gens qui le fréquentent et les prépare à mieux faire face à l’avenir et aux responsabilités qu’il exigera d’eux.

C’est important que le monde économique le salue aussi expressément, comme il l’avait fait une première fois en 1998, en remettant ce prix au directeur général du Collège, Roland Gaudreault, qui avait travaillé à l’implanter solidement comme collège autonome et l’abriter dans ses locaux actuels du boulevard de Tracy.

Il aura toutefois fallu quelque 12 ans au monde des affaires pour reconnaitre un grand bâtisseur qui ne sortait pas de ses rangs. Qui n’était pas lui-même un investisseur et chef d’entreprise.

C’est vrai que ce prix avait été introduit au gala par Les 2 Rives, inspiré en cela par les Hebdos du Québec alors que le Québec sortait péniblement d’une crise économique déstructurante. Il se voulait une façon de souligner l’apport de ses gens d’affaires et de susciter la fierté de les compter dans ses rangs régionaux.

Oui, le Gala a toujours salué ses entrepreneurs premiers de classe, rappelant leur ténacité à la barre de leur entreprise, peu importe sa taille. Il a cherché à faire d’eux des phares pour leurs pairs et ceux qui les suivraient. Bien sûr, le contexte a bien changé depuis. Outre Roland Gaudreault et Fabienne Desroches, seules trois autres personnes ne faisant pas partie du monde des affaires à titre de propriétaire ont reçu ce prix de Grand bâtisseur : Lucien L’Espérance, Robert Beaudry et Gilles Charette. Trois hommes qui ont su composer avec les actionnaires et travailleurs de grandes entreprises comme Sidbec, MIL, et QIT (aujourd’hui nommées ArcelorMittal, Alstom et Rio Tinto Fer et Titane) les convainquant d’aborder l’avenir de l’entreprise et de la région d’une autre façon.

Ce faisant, la région a reconnu qu’hors de la sphère spécifique des affaires, des gens lui rendent de fiers services d’ordre économique! Preuve flagrante que son développement économique repose aussi sur les talents, la réflexion, la volonté, la créativité, l’audace et la ténacité de tous ses décideurs et acteurs, quels que soient leur champ ou niveau d’intervention!

Autre retombée du gala : en honorant ses premiers de classe, il a contribué à articuler une recherche d’excellence, à transmettre ce goût d’entreprendre, comme innovateur ou releveur.

Malgré la conjoncture économique, en 2019, 20 des 40 entreprises finalistes ont à leur tête des moins de 40 ans. Ce n’est pas rien!

Non, plusieurs ne sont pas comme leurs pairs des années 1980, d’anciens travailleurs en usine prenant en main leur destin. Mais tous ont cette même audace, cette ténacité qui font naître et grandir une entreprise dans une région dont l’environnement géographique et professionnel les inspire vraisemblablement. Réjouissons-nous!

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