30 juin 2020
Savoir où aller
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Les maires doivent absolument se donner une vision commune pour mieux bâtir l’avenir, écrit Denis Marion, celui de Massueville, à ses pairs de la MRC de Pierre-de Saurel. Et il a raison!

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La MRC n’a-t-elle pas comme mission d’animer la coopération intermunicipale pour dispenser des services et réaliser des projets garantissant le bien-être de ses gens dans une perspective de développement durable? Elle n’a pas à le faire seule. Elle doit s’allier des partenaires et arrimer leurs interventions.

Mais elle doit d’abord savoir où elle veut aller pour choisir les bonnes actions à poser! Ses objectifs doivent être clairs, consensuels.

M. Marion leur propose de recourir aux « Orientations stratégiques 2017-2022 » adoptées par le Conseil de la MRC à l’été 2017 qui visent tant l’importance d’un cadre de vie de qualité, l’optimisation des forces économiques et la formation et l’éducation au cœur du cheminement professionnel des citoyens vers un emploi de qualité.

On y trouve 687 pistes d’action. Décidément, les idées ne manquent pas pour atteindre un développement économique et social à la hauteur des besoins des gens, où qu’ils habitent.

Malheureusement, on n’a pas agi! Le dépôt, en juin 2019, du Rapport sur la gouvernance de la MRC en avait pourtant fait une de ses recommandations premières.

Au fait, où en est-on dans le suivi que les maires devaient lui donner? Ont-ils tabletté le rapport ou lui ont-ils donné suite? Silence radio sur cette question!

Pourtant, suivre ces recommandations aurait peut-être évité ou tout au moins permis de trouver la solution aux nouvelles tensions qui les opposent aujourd’hui sur l’éligibilité ou pas des artistes de Sorel-Tracy au programme d’aide du Conseil des arts et des lettres du Québec. Une autre question d’argent qui les agace et divise!

Une situation trop fréquente. Pourtant, les maires ont déjà convenu de la façon dont ils partagent les contributions de chaque municipalité, tenant notamment compte de l’évaluation municipale et de leur population. Ce qui assure la juste contribution de chacun.

M. Marion regrette aussi la façon qu’ont les maires de redistribuer des aides gouvernementales ou les retombées du parc éolien vers les municipalités locales plutôt que de les utiliser comme levier économique pour la réalisation de projets régionaux. Il a raison. Les maires oublient facilement l’exemple flagrant du parc éolien!

Comment alors réamorcer de sérieuses discussions? Rebâtir la confiance entre élus? Éviter l’affront et l’arrogance?

Rien ne sera facile. Les discussions doivent être franches et ouvertes. Animées s’il le faut par un professionnel indépendant. Pour s’assurer d’une suite favorable pour la région, peu importe où ses citoyens logent.

Chacun doit savoir écouter, être critique et corriger le tir si nécessaire. Jouer franc-jeu, en quête d’une solution gagnant-gagnant. Il faut donc laisser son ego de côté, abandonner les guerres de clocher – trop souvent hélas évidentes.

Oui, chaque municipalité doit penser aux siens sans toutefois oublier qu’ils sont aussi membres à part entière d’une même région. Si elle va mieux, ils iront mieux!

Les maires doivent donc porter ensemble les responsabilités. Briser les solitudes des mondes rural et urbain pour mieux partager idées et ressources et s’adapter aux besoins de tous. Là où une saine communication ne peut que mener!

Car les élus sont en quelque sorte les gardiens de la concertation régionale. Pas seulement quand cela fait leur affaire. En tout temps. Pour s’assurer que la région n’appartienne pas au seul passé, mais à l’avenir.

Non, je n’aspire pas là à un monde de licorne! Juste à un monde plus ouvert, plus responsable, plus mature!

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