28 août 2016
Sauvetage dans le Canal Saint-Ours: «C’est incroyable que j’aie pu m’en sortir»
Par: Deux Rives
Malgré l'épuisement et les dizaines de minutes passés dans l'eau, Philippe Gervais a été étonné de la vitesse avec laquelle les services d'urgence sont intervenus. | Photo: Gracieuseté

Malgré l'épuisement et les dizaines de minutes passés dans l'eau, Philippe Gervais a été étonné de la vitesse avec laquelle les services d'urgence sont intervenus. | Photo: Gracieuseté

En voyant sa motomarine complètement détruite par la force du courant, le Sorelois Philippe Gervais en vient à dire que c’est un miracle qu’il soit sorti indemne – hormis quelques douleurs – des dizaines de minutes passées à lutter contre les remous de la chute du barrage du Canal Saint-Ours, vendredi soir.

Avant que le bateau de la Garde côtière n’arrive pour le secourir, M. Gervais a vraiment eu peur pour sa vie. «Je me sentais descendre. C’est arrivé deux fois où je suis resté pas loin de deux minutes sous l’eau, incapable de remonter», relate l’homme de 44 ans.

Philippe Gervais, adepte de plongée sous-marine, est un habitué des bateaux. Il confirme que ce n’est pas la témérité qui l’amené près de la chute avec sa motomarine. «Je n’ai pas une témérité impressionnante. C’était une méconnaissance du secteur. J’étais à 12 ou 15 pieds du barrage et ça m’a aspiré. Je ne m’attendais pas du tout à ça. La succion m’a attiré et entraîné sous la chute, et la motomarine a chaviré. Sous la chute, il n’y avait plus rien à faire pour sortir», raconte-t-il.

Les pompiers lui ont par après expliqué qu’un ancien barrage sous l’eau rend le secteur plus dangereux et crée un ressac.

Son gilet de sauvetage n’était pas suffisant pour le maintenir hors de l’eau et se tenir aux cordes que lui lançaient les passants et policiers qui tentaient de lui apporter secours auraient été trop exigeant pour ses bras. S’agripper à sa motomarine était la seule option. «Ma motomarine m’a permis de rester en vie», tranche-t-il.

«La pression était tellement forte, j’ai perdu mon costume de bain et je pense même que j’ai perdu mon bronzage!», lance M. Gervais à la blague.

Puis sous la chute, il n’entendait que vaguement les passants qui tentaient de l’aider. «Il n’y avait rien d’autre à faire que d’attendre», souligne-t-il.

M. Gervais a tout de même été surpris de la rapidité avec laquelle les secouristes sont arrivés sur place. «J’étais complètement épuisé, mais quand j’ai vu les bateaux, j’ai donné mes dernières énergies.»

Une fois sur le bateau, il savait bien qu’il n’avait pas de blessure majeure et n’a pas eu à être conduit à l’hôpital. «Dans les circonstances, je me sentais bien. C’était l’adrénaline aussi.»

En plus des secouristes, M. Gervais tient à remercier Josianne Guillemette, qui a alerté les services d’urgence, ainsi que Clément et Antoynet Fournier, qui l’ont vu tomber à l’eau. «J’aimerais les rencontrer, pour les remercier.»

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