6 mars 2018
Sans relâche
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Depuis plus de 35 ans, des parents sorelois ont rêvé d’une école alternative pour leurs enfants. J’ai été de ceux-là. Mais toutes les demandes déposées devant les commissions scolaires de la région sont restées lettre morte.

Parents, nous étions en quête d’une école mieux adaptée à la personnalité de nos enfants, à leurs besoins d’apprendre autrement, de vivre des relations aux autres dans un cadre moins formel que celui de l’école.

Nous souhaitions une école humaniste qui transmettrait les valeurs de respect, d’autonomie, de responsabilité, d’empathie et de coopération.

Mais nous avons tous été confrontés à des administrations probablement satisfaites des services offerts. Et dont la perspective de retrouver des parents plus présents dans une école – ailleurs que dans les comités qui leur étaient réservés – ne plaisait guère.

C’était aussi irrecevable que des parents sans expérience pédagogique déterminent une approche scolaire et manifestent leur volonté d’être plus actifs dans les apprentissages de leur progéniture!

Depuis, ponctuellement, des projets d’école alternative ont surgi. Éphémères. En juin 2015, près de 300 personnes ont même signé une pétition l’appuyant.

Mais, en février dernier, un autre groupe – fort de 725 «J’aime» sur sa page Facebook – a reçu un accueil ouvert de la part de la directrice générale de la CS. Un premier pas intéressant!

Car comment s’imaginer que tout va sur des roulettes dans le système éducatif actuel? Devant la seule réalité qu’un enfant sur cinq ait redoublé une année scolaire au primaire dans notre région, ne doit-on pas conclure que l’école actuelle ne donne pas les résultats escomptés?

Que l’on doive imaginer divers environnements pédagogiques convenant mieux au développement intellectuel, psychologique, socio-affectif, morale, langagier et psychomoteur des jeunes?

L’intervention publique d’Isaac Dandonneault, 9 ans, a certes contribué à ce premier avancé. Il a écrit à plusieurs élus – dont le maire de Sorel-Tracy – réclamant une école, source de motivation, où il pourrait bouger, apprendre à son rythme et de façon plus amusante qu à l’école traditionnelle.

C’est précisément ce que prônent, chacune à leur façon, la quarantaine d’écoles alternatives québécoises : une approche centrée sur le rythme d’apprentissage du jeune via des projets réalisés pour réussir les programmes du ministère.

Ces écoles sont publiques. Leurs classes sont moins nombreuses et multiniveaux. Tout repose dans leur manière d’enseigner et de gérer la vie de l’établissement. Peut-être retiendra-t-elle au secteur public plusieurs jeunes qui autrement fuient vers le privé.

Bien sûr, cette approche ne convient pas à tous les jeunes. Ni a tous les parents qui doivent s’y impliquer de très près. Voire plus qu’actuellement.

Cette fois sera-t-elle la bonne? C’est à souhaiter fortement.

À l’heure où l’on dénonce les nombreux gestes de harcèlement voire de violence, le taux de diplomation moins reluisant et un important décrochage scolaire, il faut admettre que l’école actuelle n’a pas réponse à tout.

La région doit donc explorer d’autres avenues de formation menant à une alphabétisation plus complète et adéquate de ses élèves et à une meilleure formation de citoyens responsables. Parents, il faut tenir bon!

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