26 mai 2020
Avec une aide financière de Saint-Ours
Saint-Roch-de-Richelieu porte devant la Cour suprême le dossier de l’usine de Champag
Par: Katy Desrosiers

Les maires de Saint-Ours et Saint-Roch-de-Richelieu, Sylvain Dupuis et Alain Chapdelaine, font front commun contre le projet de l’usine de Champag. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Après que la Cour d’appel du Québec ait conclu que l’usine de substrat de Champag pourrait s’installer à Saint-Roch-de-Richelieu, la municipalité a choisi de poursuivre son combat et de porter la cause en Cour suprême.

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Après avoir reçu l’avis de la Cour d’appel le 30 avril, le conseil municipal de Saint-Roch-de-Richelieu avait cinq jours, soit jusqu’au 5 mai, pour spécifier s’il portait la cause à l’étape suivante. Sinon, il devait délivrer le permis de construction.

En réunion d’urgence le lundi 4 mai, le conseil a décidé de façon unanime de continuer vers la Cour suprême. Le tout a été annoncé le lendemain au conseil de ville qui était diffusé sur les réseaux sociaux.

« C’est la première fois qu’on faisait ça avec la situation qu’on vit. On a pris les questions des citoyens. On a reçu de bons commentaires de citoyens qui étaient contents d’avoir l’information rapidement grâce à ça, comme on ne peut toujours par les recevoir [au conseil] », souligne le maire Alain Chapdelaine.

Même si le dossier est sur la table depuis 2017, le maire a constaté que certains ne connaissaient pas les détails du projet. « En général, ils sont bien contents qu’on leur explique et ils sont favorables à ce que la municipalité continue de s’opposer à cette implantation-là », ajoute-t-il.

M. Chapdelaine rappelle que le projet devait d’abord voir le jour près de Cowansville, mais qu’il n’a pas abouti puisqu’une résidence se serait retrouvée dans un rayon de moins d’un kilomètre de l’usine. À Saint-Roch-de-Richelieu, il souligne que 12 résidences se retrouvent près de l’emplacement convoité, dont six maisons sur la rue Charles à quelques pas.

La municipalité n’a donc pas hésité à poursuivre la bataille juridique même si les coûts entourant la préparation et le dépôt d’une demande peuvent avoisiner les 40 000 $. Si le dossier est accepté et est débattu, les coûts peuvent grimper à plus de 100 000 $. Malgré tout, le maire soutient qu’environ 95 % de sa population souhaite poursuivre la démarche.

La force du groupe

M. Chapdelaine a sollicité l’appui des maires des municipalités voisines, soit Serge Péloquin à Sorel-Tracy, Michel Aucoin à Sainte-Victoire-de-Sorel, Sylvain Dupuis à Saint-Ours et Maud Allaire à Contrecœur.

« Maintenant, on a besoin de l’appui de nos voisins qui seraient aussi touchés. On leur a expliqué les nuisances. Chacun d’eux allait voir avec leur conseil municipal et me revenir », souligne le maire de Saint-Roch-de-Richelieu. Il a présenté virtuellement le dossier devant le conseil municipal de Sorel-Tracy le lundi 25 mai et a fait de même quelques jours auparavant devant celui de Saint-Ours. À Sainte-Victoire-de-Sorel, le conseil abordera la question à la séance du 1er juin alors qu’à Contrecœur, la discussion devrait se tenir dans les prochaines semaines.

À Saint-Ours, le conseil a déjà pris la décision de fournir un montant de 5000 $ à Saint-Roch-de-Richelieu pour la soutenir dans sa bataille juridique.

Bien que séparées par la rivière Richelieu, les deux municipalités sont voisines immédiates. Le maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis, rappelle qu’elles sont solidaires sur plusieurs dossiers municipaux et régionaux.

Un élément considéré par Saint-Ours est que les fortes odeurs pouvant provenir de l’usine pourraient avoir des répercussions importantes pour la qualité de vie des citoyens et des entreprises touristiques de la Ville. Le conseil municipal a déjà, dans le passé, appuyé financièrement la municipalité du canton de Ristigouche Partie-Sud-Est et la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge à la hauteur de 1 750 $, soit 1 $ per capita. Le maire affirme que ses citoyens sont de nature à se défendre face à de telles situations.

« Le conseil municipal de la Ville de Saint-Ours est unanime et solidaire en apportant un appui moral et financier fort, en offrant sa collaboration dans la cause qui nous concerne tous, a expliqué Sylvain Dupuis. Nous souhaitons inciter, par notre appui financier significatif, les autres municipalités du Québec à offrir leur aide dans cette importante bataille qui pourrait faire jurisprudence dans le futur. »

 

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