18 décembre 2018
Argent remis à l'aide alimentaire
Saint-Ours et Saint-Roch-de-Richelieu touchent encore les intérêts d’un don majeur fait en 1882
Par: Katy Desrosiers

Signature originale de Florence Dupré en 1882 Photo gracieuseté

Le maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis. (Photo : Pascal Cournoyer)

La Ville de Saint-Ours est chargée chaque année de remettre à la Fabrique de Saint-Ours et à la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu des sommes provenant de la « Succession Charles Payan ». Cet argent provient des intérêts d’un don effectué il y a 136 ans par la veuve de Charles Payan, Florence Dupré, pour aider les plus démunis.

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Cette année, le montant total remis est de 11 100 $, soit 7 400 $ à la Fabrique de Saint-Ours et 3 700 $ à la Municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu. Cette dernière, après la réception du chèque, a choisi de verser le montant au Carrefour communautaire Saint-Roch-de-Richelieu, pour les paniers de Noël et l’aide alimentaire.

Le maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis, est impressionné par le montant qui peut être remis tous les ans pour des causes du genre. « Si elle vivait aujourd’hui, elle verrait que sa décision permet d’aider du vrai monde. […] Je trouve ça noble. Dans la vie, il y a des belles histoires et celle-là en fait partie » souligne M. Dupuis.

Sylvain Dupuis pense qu’une partie de l’argent a pu se perdre vers 1930 avec la crise économique, mais il affirme que pour récolter aujourd’hui un montant d’environ 10 000 $ à remettre chaque année, le capital doit être assez imposant. Cependant, il ne connaît pas le montant total du capital et il affirme que la Ville ne peut pas le retirer. Elle peut seulement utiliser les revenus réalisés avec le placement.

Une histoire de générosité

En 1880, Florence Dupré, veuve de Charles Payan, a donné et légué à monsieur François Payan, bourgeois de la ville de Saint-Ours, et Paul Payan Écuier, Notaire de la ville de Sorel, les parts et actions que son mari détenait dans le capital de la Banque Stadacoma.

Deux ans plus tard, en 1882, la dame modifie son testament afin que les parts ou actions qu’elle possède dans la compagnie Navigation Richelieu et Ontario, dans le capital de la Banque Hochelaga et dans la compagnie d’assurance Stadacona soient touchés et retirés par les garçons de son beau-frère André Duhamel, afin que les revenus puissent être partagés aux pauvres de la Paroisse de St-Roch et de de la ville et paroisse de Saint-Ours chaque année.

En 1917, Octave Duhamel, le dernier administrateur nommé par le testament, décède, et ses descendants ne peuvent plus honorer les désirs de Florence Dupré. Ils demandent alors à la ville de Saint-Ours de devenir administratrice. Pour ce faire, le 4 décembre 1922, la Ville de Saint-Ours adopte une résolution afin d’obtenir une ordonnance des tribunaux qui autorise le Conseil à percevoir les revenus des biens et à en faire le partage conformément aux dispositions du testament de Florence Dupré.

Le 18 décembre 1922, une requête a été adressée en cour supérieure pour que la ville de Saint-Ours deviennent administratrice des biens et que le secrétaire-trésorier de la Ville fasse la perception des revenus pour en faire, sous l’autorité du Conseil de la ville, la distribution gens plus démunis, conformément aux dispositions du testament.

Depuis, la Ville de Saint-Ours remet annuellement les revenus des placements pour aider les personnes dans le besoin à Saint-Ours et Saint-Roch-de-Richelieu.

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