16 avril 2019
Laïcité au conseil de ville
Saint-David a retiré la prière depuis trois mois seulement
Par: Katy Desrosiers
Le maire de Saint-David, Michel Blanchard, a retiré la prière de l'ordre du jour des séances du conseil il y a quelques mois. 
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le maire de Saint-David, Michel Blanchard, a retiré la prière de l'ordre du jour des séances du conseil il y a quelques mois. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Pour plusieurs municipalités de la MRC de Pierre-De Saurel, la prière ne fait plus partie de l’ordre du jour depuis de nombreuses années. À Saint-David, on a décidé de la retirer l’automne dernier.

Le maire de la municipalité, Michel Blanchard, affirme qu’une courte prière se tenait avant le début de la séance, mais qu’à la suite du jugement de la Cour supérieure concernant l’abolition de la prière au conseil de ville de Saguenay, il a été convenu de la retirer et de la remplacer par un moment de réflexion.

« Je m’attendais à avoir des questions, des gens qui se demanderaient pourquoi on a fait ça, mais personne n’a posé de questions. Les gens se lèvent debout au moment de réflexion. La transition s’est bien faite », affirme-t-il.

Pour toutes les autres municipalités de la MRC, la prière a été abolie depuis plusieurs années. Entre autres, à Massueville, la prière a été retirée depuis au moins 18 ans. « Ça n’existe pas depuis très longtemps. Depuis que je suis là, ça n’a jamais été là et j’ai été élu pour la première fois en 2001 », affirme le maire Denis Marion.

Des moments de réflexion

La moitié des municipalités (six sur 12) ont conservé un moment de réflexion. Au conseil de la MRC, on tient aussi un moment de réflexion.

Pour plusieurs, ce moment en est un de calme qui permet de réfléchir au travail que l’on fait au conseil.

« Je pense que c’est un petit moment pour penser qu’on travaille avec les données publiques, il n’y a plus rien de religieux », croit le maire de Saint-Roch-de-Richelieu, Alain Chapdelaine.

Le maire de Saint-Joseph-de-Sorel, Vincent Deguise, explique que le conseil peut parfois se servir du moment de réflexion pour rendre hommage à une personne décédée ou souligner un événement important. Il voit ce moment comme un temps d’arrêt.

Le maire de Saint-Robert et préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, tient un moment de silence avant chaque séance. « Il y a un moment de réflexion de 30 secondes avant chaque assemblée publique, comme on fait à la MRC. Ça neutralise et ça amène un côté sérieux à l’assemblée. L’acte n’est pas une prière », précise-t-il.

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, ne comprend pas pourquoi la MRC a choisi de garder ce moment. « Le préfet et la MRC ont conservé ça. Pour quelle raison? La ruralité, est-ce qu’ils ont besoin de s’appuyer sur le clocher, sur une réflexion? Je ne sais pas si c’est un moment de détente. Ils ne savent pas comment le nommer, mais ça pourrait disparaître ce truc-là », lance-t-il.

À Saint-Ours, le maire Sylvain Dupuis, affirme qu’il n’y a plus de moment de réflexion depuis plusieurs années. « On ne fait pas de moment de silence, on salue les gens dans la salle et on commence la séance. Avant mon arrivée, au moins un maire avant moi, à ma connaissance, c’était comme ça », mentionne-t-il.

La mairesse de Yamaska, Diane De Tonnancourt, affirme que la même formule est appliquée. Le maire de Sainte-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin, explique que le moment de réflexion a été retiré à son arrivée en 2013. « Il y a l’ouverture de l’assemblée et on commence. Il faut que les gens réfléchissent avant d’arriver », lance-t-il sur un ton humoristique.

À Contrecœur, les dernières mentions de prières dans les procès-verbaux remontent à 1983. Selon la Ville, il est difficile de dire exactement depuis quand elle n’est plus récitée au conseil.

 

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