25 avril 2016
Saint-Aimé refuse de s’impliquer; le comité rétorque
Par: Louise Grégoire-Racicot
L’église St-Aimé, à Massueville. | Photo:TC Média - Louise Grégoire-Racicot

L’église St-Aimé, à Massueville. | Photo:TC Média - Louise Grégoire-Racicot

La municipalité de Saint-Aimé a opposé un net refus à l’invitation du Comité pour l’avenir de l’église qui lui demandait d’approuver la transformation du bâtiment en centre multifonctionnel et d’assumer annuellement 15 000$ pour offrir ce service à la collectivité de Saint-Aimé-Massueville.

« Votre projet d’aménagement intérieur de l’église ne semble pas une priorité pour le conseil municipal de Saint-Aimé », écrit la mairesse Maria Libert dans un bulletin d’information à ses citoyens. Elle y reproduit la copie d’une lettre expédiée aux porte-parole du Comité, Sylvain Simard et Pierrette Bélisle.

« Avant de modifier le contenu, la priorité devrait être de se concentrer sur le contenant », écrit-elle alléguant que toit, portes et fenêtres sont dans un état lamentable.

Déclarations qui ont fait sursauter M. Simard et Mme Bélisle qui se sont empressés, dans une lettre datée du 12 avril, de réfuter ce premier argument.

« Quand vous affirmez que le toit coule et les fenêtres sont dans un état lamentable, vous êtes mal informés ou bien vous tentez d’induire la population en erreur. »

M. Simard et Mme Bélisle affirment qu’un architecte, en 2015, a fait la mise à jour du bilan de santé de l’église réalisé en 2007. « Rien dans ce bilan ne permet d’appuyer vos affirmations. » Les fuites minimes du toit ont été colmatées, précisent-ils. « Rien ne met en question la solidité du bâtiment. Le conseil de fabrique a toujours été soucieux de l’entretien de l’église. »

Les fenêtres sont certes du même âge que l’église « et les paroissiens ne se sont jamais plaints de courants d’air », peut-on lire dans la lettre.

Ils reconnaissent toutefois qu’il sera nécessaire d’améliorer le rendement énergétique, ce que les professionnels consultés ne qualifient ni urgent, ni prioritaire.

« Ainsi vos affirmations alarmistes sur l’état de l’église vous servent peut-être à justifier l’indifférence de votre conseil sur son avenir, mais ne fournissent en rien un portrait réaliste de la situation », commentent-ils.

Aux citoyens d’y voir

Deuxième affirmation du conseil de Saint-Aimé: c’est aux citoyens qu’appartient cette responsabilité. « La municipalité ne peut se substituer à eux et ne peut imposer une taxe pour compenser la dîme que ceux-ci s’abstiennent de payer. Ce serait une double imposition pour ceux qui payent leur dîme. On ne sent pas l’appui de la majorité des citoyens », écrit Mme Libert.

Les temps ont changé, répondent M. Simard et Mme Bélisle. « C’est parce que seuls une faible minorité de citoyens fréquentent désormais l’église qu’il est urgent d’en changer la vocation. »

Une des conséquences néfastes de cette décision est la perte de subventions de 135 000$ et de 50 000$ en campagne de financement.

« La transformation de l’église ne coûtera rien d’autre aux municipalités que 15 000$ de frais d’opération. Si bien informés, la majorité des citoyens appuieront ce projet. Leur participation en grand nombre à nos activités de financement et des conversations avec plusieurs d’entre eux nous en convainquent tous les jours », concluent-ils.

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