6 octobre 2020
Sacré coronavirus!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Même si, comme les arbres, le Québec tourne au rouge, la MRC de Pierre-De Saurel reste au orange, comptant moins de cinq nouveaux cas de COVID-19 au 30 septembre dernier. C’est peu, mais il nous est impossible de relâcher l’attention pour autant. Prudence oblige!

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Tout comme vous sans doute, j’aurais souhaité que la COVID-19 soit derrière nous, après tous les efforts de confinement que nous nous sommes imposés ces derniers six mois. Mais le coronavirus mène encore et toujours!

Optimiste, j’avais minimisé les prédictions de ceux qui, en mars dernier, avançaient que l’on serait au même point à l’automne. Aujourd’hui, je dois avouer que mon optimisme légendaire m’avait trompée!

D’autant qu’on est rendu à considérer comme des rassemblements non essentiels les anniversaires, les mariages et les funérailles. Quel dilemme en cette période incertaine que les rapports sociaux si réconfortants soient vus comme des moments risqués de contamination pour tous ceux qui décident quand même de les vivre!

Mais en cet automne 2020, il faut s’imposer de prendre soin de soi en remettant nos pendules à l’heure. Décider de ce qui est bon pour soi et pour les autres. Dénoncer l’inacceptabilité de certains comportements. Affronter ses peurs, sa crainte de solitude et se donner des moyens d’occuper sainement notre temps.

Après tout, il faut se rendre à l’évidence que le risque zéro n’existe pas. Qu’il appartient à chacun de choisir ou non de tenter le sort. Sans oublier toutefois que ce risque n’est pas circonscrit qu’à soi. Attraper la COVID-19 est une chose. La transmettre même sans le savoir – si on est asymptomatique – en est une autre.

Même si l’on maintient les services et garde et les écoles ouvertes, et que des travailleurs doivent se rendre sur leurs lieux de travail pour bosser, il nous faut limiter nos activités sociales au minimum. Et c’est ce que je choisis de faire.

Bien sûr, ma sédentarité proverbiale – qui m’a pourtant valu bien des reproches de la part de ceux qui s’inquiétaient de ma santé – me sert probablement bien aujourd’hui. Je n’ai pas beaucoup besoin de sortir, de bouger pour me sentir vivante. Les appels téléphoniques et la vidéo de Facetime comblent en partie mes grands besoins de voir mes enfants et petits-enfants, de prendre des nouvelles et nourrir nos relations entre amis chers. C’est loin d’être satisfaisant de les rejoindre à distance, moi qui chéris tant les câlins et les bisous, les repas ensemble et les soirées qui ne finissent plus. Mais j’y vis l’instant présent de ces communications, appréciant le rire entendu, le mot d’enfant lancé, les échanges divers. Une façon pour moi d’ajouter du temps de qualité à nos relations, durant cette pandémie.

J’arrive aussi heureusement à partager émotions et craintes, à écouter celles des autres. Je n’hésite pas à partager mes doutes, mes peurs, peut-être même la colère ou l’incompréhension que la situation peut engendrer. On sait, nous rappelle l’Association canadienne de la santé mentale, que tout changement crée de l’anxiété. Et la situation actuelle change de jour en jour. Elle crée du stress. L’état de notre santé mentale en dépend.

Ainsi ce que l’on nomme distanciation sociale en est une physique. Il nous appartient en contrepartie d’alimenter notre tissu social, de le tricoter encore plus serré, mais à distance! Car je crois que les liens authentiques entre humains sont de loin les plus nourrissants. À nous donc de briser cette solitude qui pèse sur plusieurs. C’est un moyen essentiel de lutte contre cette pandémie qui perdure! So-so-so-solidarité!

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