19 juillet 2016
Roland Cartier devait passer un examen de conduite
Par: Julie Lambert
Le corps de Roland Cartier a été retrouvé à Saint-Marc-sur-Richelieu le 17 février. | Photo: TC Média – Vincent Guilbault

Le corps de Roland Cartier a été retrouvé à Saint-Marc-sur-Richelieu le 17 février. | Photo: TC Média – Vincent Guilbault

Roland Cartier est mort gelé près de sa voiture alors qu’il s’est perdu en pleine tempête le 12 février dernier. L’homme de 84 ans devait passer un examen de conduite après une évaluation de son médecin, effectuée la veille de sa disparition, qui avait détecté un début de maladie d’Alzheimer.

Dans le rapport du coroner rendu public la semaine dernière, on peut lire que le 11 février, l’homme avait rencontré son médecin de famille pour subir un examen médical concernant ses capacités à conduire. Il s’agissait d’une demande de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Selon les règles de la SAAQ, les conducteurs doivent remplir un rapport médical à 75 ans, à 80 ans et aux deux ans par la suite. Cet examen médical doit être effectué par un omnipraticien et un optométriste.

Le médecin évoque que M. Cartier « souffrait probablement d’une maladie d’Alzheimer, mais qu’il était encore autonome pour s’occuper de lui-même et de sa résidence. Il recommandait qu’il subisse un examen de conduite sur la route avec un évaluateur de la SAAQ, mais il était d’avis qu’il pouvait continuer à conduire jusqu’à son évaluation », peut-on lire dans le rapport du coroner, qui cite celui remis par le médecin à la SAAQ.

Selon les analyses du coroner, des proches auraient témoigné que M. Cartier ne semblait pas confus, mais répétait parfois les mêmes choses plusieurs fois. Il lui serait aussi arrivé de confondre des documents et il se serait également perdu au moins à deux reprises avec sa voiture depuis 2014.

Selon le porte-parole de la société d’État, Mario Vaillancourt, la procédure habituelle pour le renouvellement des permis des personnes âgées de 75 ans et plus est de suivre les recommandations du médecin.

Si de dernier détecte la présence d’une maladie qui peut nuire à ses capacités de conduire ou être un risque, le permis est suspendu immédiatement, explique-t-il.

Quand le médecin recommande un examen de conduite avec un évaluateur, cette personne ne peut conduire sans être en présence d’un évaluateur de la SAAQ, d’un optométriste ou d’un professeur de conduite jusqu’à son examen.

« Le délai peut aller jusqu’à neuf mois. Ces conditions ne s’appliquent pas si le médecin juge que la personne est apte à conduire seul et qu’il n’y a pas de risque. S’il n’y a pas de restrictions émises par le médecin, la SAAQ se fie aux recommandations du personnel médical », explique M. Vaillancourt sans vouloir commenter le cas particulier de M. Cartier.

Des problèmes cognitifs en cause?

L’homme de 84 ans n’aimait pas conduire le soir. Ce n’est arrivé qu’une seule fois qu’il le fasse, soit lors de sa disparition le 12 février, mentionne son gendre, le maire de Sorel-Tracy Serge Péloquin.

Sans pouvoir dire si des problèmes médicaux pourraient être la cause de sa désorientation, il croit que c’est surtout la météo qui a joué un rôle important dans ce tragique incident.

« Il était en train de renouveler son permis et il avait passé des tests. Le médecin avait confirmé qu’il n’avait pas de problème, il vivait chez lui. Sa famille allait souvent le visiter et il demeurait avec quelqu’un d’autre. Est-ce que dans le contexte sa panique a accentué des problèmes cognitifs? Je ne pourrais le dire », se désole le maire.

Ne portant le blâme sur personne, il pense que c’est très difficile de juger le moment où un être cher doit se faire enlever certaines libertés comme celle de conduire.

« Ce sont des petits signes avant-coureurs très difficiles à détecter. C’est peut-être une période se situant dans une zone de transition. À partir de quel moment les familles peuvent-elles décider d’enlever l’autonomie à une personne? Chaque famille a ou aura à prendre une décision de ce genre », conclut-il.

Le rapport du coroner confirme un décès accidentel

Le rapport du coroner sur la mort de Roland Cartier, beau-père du maire de Sorel-Tracy Serge Péloquin, a été rendu public, le 12 juillet, cinq mois jour pour jour après son triste décès à Saint-Marc-sur-Richelieu. On y confirme sa mort accidentelle à la suite d’une hypothermie.

Le corps de Roland Cartier, âgé de 84 ans, avait été découvert sur le rang des Soixante à Saint-Marc-sur-Richelieu cinq jours après le signalement de sa disparition le 12 février.

L’enquête de la Sûreté du Québec et l’autopsie avaient confirmé l’hypothèse que M. Cartier s’était perdu après être sorti pour acheter de la nourriture pour chien dans un commerce de Sorel-Tracy alors qu’une tempête de neige faisait rage.

Il était sorti de sa voiture pour chercher de l’aide après s’être enlisé près d’un sentier de motoneige et il a accidentellement verrouillé les portières. Son corps a été découvert à une centaine de mètres de son véhicule.

Le rapport du coroner Alexandre Crich a conclu également que l’octogénaire « est décédé d’hypothermie, consécutivement à une exposition au froid, et à l’enlisement de son véhicule ». Selon les conclusions, il s’agit d’un décès accidentel.

Pour le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, ce dernier rapport met fin à ce tragique incident qui a beaucoup affecté la famille de son épouse, Louise Cartier.

« C’est triste et pénible, mais on sait au moins qu’il n’a pas souffert. Il est décédé peu de temps après s’être enlisé. Il faisait extrêmement froid lors de cette journée. Le rapport arrive alors que nous enterrerons ses cendres près de son épouse au cimetière de Saint-Joseph-de-Sorel samedi [NDLR: 16 juillet] », a-t-il souligné la semaine dernière, semblant en paix avec les conclusions.

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