12 décembre 2016
Rochon craint les effets de la loi sur les hydrocarbures
Par: Louise Grégoire-Racicot

Quarante-huit heures après cette interminable nuit du 10 décembre passée à l’Assemblée nationale à dénoncer vainement le projet de loi 106, le député Sylvain Rochon ne digère toujours la façon dont cette loi a été adoptée.

Il s’est engagé, avec son chef Jean-François Lisée, d’annuler cette loi si le Parti Québécois est reporté au pouvoir en 2018.

M. Rochon soutient que les pétrolières se réjouissent, que le cours de leurs actions monte à la suite de l’adoption de la loi sur la mise en œuvre de la Politique énergétique, mais aussi de son volet sur les hydrocarbures. Il déplore surtout que toute la question sur les hydrocarbures aille à l’encontre de la volonté des Québécois, dont ceux de Saint-David et de Saint-Louis, dans Richelieu, où les compagnies ont déjà des zones d’exploration.

Le député croit que cette décision du gouvernement n’est pas un moment heureux pour la démocratie.

« Jamais le ministre n’a accepté la main que nous lui tendions. Nous étions d’accord avec la transition énergétique, mais aurions voulu que le vote soit scindé. Que le projet n’inclut pas les règles concernant l’exploration et l’exploitation », souligne M. Rochon, en entrevue.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcard, n’a pas dévoilé ces règlements, déplore M. Rochon. « Une fois la loi en vigueur, on n’aura pas à les voter à l’Assemblée nationale. Mais M. Arcand tenait à ce que tout soit voté en une fois, même si le président de l’assemblée avait accepté cet amendement. »

L’idée, dit-il, est de ne pas laisser au gouvernement le soin de réglementer seul la fracturation hydraulique. Une pratique dénoncée par un grand nombre de citoyens, à la base de la crise du gaz de schiste, évoque M. Rochon. Elle a ses impacts sur l’environnement et inquiète les gens, rappelle-t-il.

« Mais tout sera permis maintenant, y compris les forages dans les baies gaspésiennes et l’expropriation à l’étape de l’exploitation. Et la CAQ a accepté cela. »

L’argument du ministre

Le ministre Pierre Arcand a défendu son projet à maintes reprises durant ce long débat, rapporte le Journal des débats.

« Le volet hydrocarbures n’est qu’un seul volet de notre transition énergétique, et il y a, bien sûr, beaucoup d’autres choses qui sont extrêmement importantes pour le Québec. En fait, ce que nous annonçons, ce que nous allons faire, c’est la fin de ce que le premier ministre a appelé le Far West. Sur ces questions-là, ce sont des questions d’encadrement. Le gouvernement n’est pas là pour faire la promotion des hydrocarbures, il est là pour encadrer les hydrocarbures au Québec parce que ça fait des années que ça s’est fait et il faut absolument qu’on aille là », a-t-il plaidé.

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