26 janvier 2021
RIP Olivar Gravel
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Il est difficile d’imaginer qu’Olivar Gravel, homme public présent sur la scène municipale pendant 48 ans comme élu de Saint-Joseph-de-Sorel et 16 ans comme préfet de la MRC, soit parti aussi discrètement.

Publicité
Activer le son

Pas qu’il était un personnage coloré. Mais discret, il était omniprésent, ferme et volubile quand il s’agissait de défendre son patelin chéri qu’il habitait depuis toujours.

D’ailleurs, envers et contre plusieurs, il n’a eu cesse de défendre la souveraineté de son territoire tout en concluant des alliances qui assureraient à ses gens des services adéquats au moindre prix.

À la MRC, il a cependant reconnu sans hésitation l’importance régionale de certains dossiers dont le développement économique et la protection de l’environnement où il s’est investi.

Hockeyeur amateur, il a pratiqué son sport, la soixantaine bien franchie. Comme il a été partie prenante, dès les années 90, d’un groupe prônant l’analyse d’une liaison autoroutière avec la Rive-Nord. Enseignant d’anglais, il avait publié en 1980 l’histoire de sa ville.

Fier d’elle, il a travaillé assidument à son embellissement et a constamment insisté auprès des usines locales pour défendre ses citoyens contre les bruits et poussières qu’engendraient leurs activités, sans toutefois oublier qu’elles contribuaient une part essentielle des impôts fonciers versés à sa municipalité.

M. Gravel n’était pas un rêveur, mais un pragmatiste. Il a été le premier maire de la région à créer un parti municipal citoyen – qu’il a d’ailleurs longuement présidé – assurant ainsi ses nombreuses réélections.

Homme de sa génération, il était discipliné. Crayon à la main, il prenait des notes sur tout ce qu’il entendait comme il écrivait le texte de toutes ses interventions. Souriant, il pesait ses mots. Homme de cœur, proche des gens, dévoué à avantager ses commettants, il était toujours prêt à expliquer à la presse les enjeux de ses décisions, le faisant plus par conviction que par calcul. Qu’il repose en paix!

Lueurs d’espoir

L’annonce de Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) d’investir 8 M$ pour démarrer une usine de démonstration d’un produit de son cru réjouit. Elle s’ajoute aux importants investissements annoncés par le Port de Montréal à Contrecœur et de QSL à Sorel-Tracy.

Cette usine grandira au fil de ses succès. Ce projet confirme les capacités d’innovation de ses chercheurs et l’intention de l’entreprise d’améliorer sa performance en tirant un nouveau produit de ses résidus miniers.

L’investissement est modeste – RTFT nous avait habitués à des injections de plusieurs centaines de millions à la fois – mais est gage de consolidation de notre base industrielle toujours fragile dans cette économie mondiale perturbée.

D’autres annonces réjouissantes, faites cette fois par le député Jean-Bernard Émond, consolideront certains services régionaux de santé.

L’injection de 860 000 $ pour moderniser le département de pédiatrie de l’Hôtel-Dieu et l’ajout de deux pédiatres à l’équipe actuelle ne peut que rassurer les parents de jeunes enfants. Comme d’ajouter aux arguments pour convaincre de jeunes familles qui travaillent à distance, de s’installer ici.

Quant au projet d’ajouter 14 logements sociaux destinés à une clientèle en santé mentale – l’Héberge du Grand Héron – il verrait enfin le jour grâce à une contribution de 840 000 $ de Québec… déjà confirmée par la SHQ en 2015.

Ce projet a pris naissance il y a une dizaine d’années et s’est heurté à des embûches de localisation. En 2013, il n’a pu s’installer au Centre communautaire Notre-Dame à cause de coûts trop élevés. Puis en 2015, le sol du terrain de l’ancien poste de police sorelois était trop instable pour le recevoir. En 2018, le site de l’ancien bunker des Hells – qui appartient à la Ville – semblait le meilleur. Espérons que cette fois est la bonne!

image