20 avril 2021
Rio Tinto Fer et Titane achète un terrain de la Colonie des Grèves
Par: Jean-Philippe Morin

La Ville de Contrecœur s’est assurée de protéger l’environnement dans la transaction entre Rio Tinto Fer et Titane et la Colonie des Grèves en adoptant un règlement en ce sens. Photo gracieuseté

L’entreprise Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) s’est portée acquéreuse d’un terrain de plus de 100 000 mètres carrés auprès de la Colonie des Grèves, le 1er avril dernier.

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Cette acquisition, selon un porte-parole de l’entreprise, est une des mesures envisagées « pour contribuer à la relance de la Colonie des Grèves et ainsi lui permettre de continuer à offrir aux enfants, sans égard à leur situation économique, un endroit de loisirs et de culture où ils peuvent se développer et s’épanouir », indique-t-on.

« RTFT souhaite continuer à participer au développement du Parc régional des Grèves, en collaboration avec tous les autres partenaires, tout en ajoutant une option potentielle pour pérenniser nos opérations à Sorel-Tracy pour les décennies à venir », ajoute le porte-parole, sans en dévoiler davantage.

RTFT possède déjà le parc de résidus miniers P-84 dans ce secteur, qui sera en opération pour encore huit à dix ans au niveau de production actuel. Le porte-parole n’a toutefois pas voulu préciser si ce terrain allait servir à agrandir ce parc. Différents scénarios seraient à l’étude concernant le P-84 et aucune décision ne sera prise avant plusieurs années.

Depuis les années 2000, RTFT a investi plus de 1,5 M$ dans le Parc régional des Grèves et ce partenariat se poursuivra.

Protection des arbres

La Ville de Contrecœur s’est toutefois assurée que malgré cette acquisition, aucun arbre n’allait être détruit sur son territoire.

Les membres du conseil ont adopté un règlement ayant pour but d’interdire l’abattage d’arbres dans cette zone en permettant à la Ville de diminuer, de 20 % à 0 % cette activité, comme cela est permis actuellement dans un boisé métropolitain.

Aussi, la Ville de Contrecœur a maintenu l’imposition de sa réserve foncière sur les immeubles situés sur les terrains de la Colonie de Grèves et sur ceux des alentours ne lui appartenant pas ou plus afin d’en faire une aire de conservation naturelle lors l’assemblée publique du 25 mars.

Selon la Ville, le but est de permettre l’atteinte du seuil de conservation des boisés fixé par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) à 30 %. Il est présentement à 26 %.

« L’action municipale est multiforme et cohérente. Nous voulons […] préserver ce couvert forestier de grande valeur et faire en sorte que les générations futures bénéficient dans son intégralité de cet espace vert récréatif qui regorge d’une grande biodiversité […] », souligne la mairesse de Contrecœur, Maud Allaire, via un communiqué de presse.

Des réserves

Lors du conseil municipal du 6 avril, le conseiller Denis-Charles Drapeau s’est montré inquiet de l’achat des terrains, lors de son droit en parole en fin de séance.

« On m’a fait part des rumeurs qui couraient concernant un possible achat de Rio Tinto Fer et Titane d’un terrain juxtaposant leur site de dépôt de Sorel-Tracy. Ç’a été vendu par la Colonie des Grèves le 1er avril. C’est la raison pour laquelle le conseil a agi ces dernières semaines en déposant des projets de règlement sur la protection des arbres. On ne connait pas exactement le but de cet achat. Ce terrain appartient depuis plus de 100 ans à la Colonie avec des arbres centenaires dessus. On ne pense pas qu’ils vont construire des tours à condos, mais on a de grandes réserves sur cette transaction. On aurait souhaité que ça demeure à la Colonie, mais on va en tirer les conclusions quand on connaîtra les intentions de Rio Tinto », a-t-il dit.

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