31 juillet 2018
Richardson met en place des mesures pour limiter la poussière au centre-ville
Par: Jean-Philippe Morin
Les voitures stationnées au centre-ville reçoivent aussi les poussières de Richardson International. (Photo : gracieuseté)

Les voitures stationnées au centre-ville reçoivent aussi les poussières de Richardson International. (Photo : gracieuseté)

Achat de nouveaux convoyeurs, installation d’un nouveau canon à eau; Richardson International ne lésine pas sur les investissements afin d’agir en bon voisin. Son directeur des opérations, Serge Laperrière, confirme que plusieurs mesures sont présentement en branle afin de limiter la propagation de poussière au centre-ville de Sorel-Tracy.

La poussière est devenue un irritant pour les citoyens et commerçants du centre-ville depuis plusieurs années, mais la situation s’est empirée, remarque M. Laperrière.

« Lors de mon arrivée dans l’entreprise il y a 15 ans, on transigeait 300 000 tonnes de grain annuellement. Aujourd’hui, on en transige 1,5 million de tonnes. C’est positif parce que ça crée de l’emploi et de l’activité économique, mais ça vient avec plus d’inconvénients. C’est pour ça qu’on est proactifs afin d’agir en bon voisin et de limiter la propagation de poussière; on investit pour suivre la hausse, mais c’est difficile d’être parfait. On ne fait pas exprès non plus », commente-t-il.

Rencontre au sommet

C’est donc à son initiative et à celle du maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, qu’une rencontre a eu lieu le 28 juin avec des propriétaires (notamment la famille Hébert qui possède plusieurs logements), des commerçants (dont ceux du Fougasse et du Cactus), des élus (dont le conseiller du Vieux-Sorel, Jocelyn Mondou) et des employés municipaux.

« On leur a fait part des inconvénients, a déclaré le maire Serge Péloquin, en séance du conseil, le 3 juillet. Il [Serge Laperrière] nous a informé des différentes mesures qu’il va mettre de l’avant pour diminuer la poussière. On a formé un comité citoyen [avec] des gens qui sont directement touchés dans le quadrilatère. Il y aura des mesures. On n’aura plus à revivre de façon régulière ces situations-là. »

« On a eu des discussions ouvertes et franches, ajoute Serge Laperrière, de Richardson. On a décidé d’être proactifs en créant un comité qui se réunira afin d’assurer un suivi. On n’est pas juste en train d’écouter les gens chialer, il faut aussi passer en mode action. »

Les voitures stationnées au centre-ville reçoivent aussi les poussières de Richardson International. (Photo : Pascal Cournoyer)

Des actions

Parmi les mesures promises par Richardson, il y aura l’installation d’un deuxième canon à eau, nommé «dust bust», d’ici la fin de l’année 2018. Un canon est déjà en place, mais un deuxième va aider à limiter la propagation de poussière. Cet appareil, qui vaut environ 100 000$, envoie des gouttelettes d’eau en suspension, ce qui ramène la poussière au sol dans les installations, empêchant ainsi la propagation aux bâtiments extérieurs. Ce type de canon est utilisé dans les carrières ou les terminaux comme Richardson.

L’entreprise changera aussi deux convoyeurs pour un investissement total de 500 000$. « Avant, tous les convoyeurs étaient ouverts. On les change peu à peu pour qu’ils soient fermés. On en a 48 en tout; certains sont à l’intérieur, alors on n’aura pas besoin de les fermer, mais on essaie que ceux qui sont à l’extérieur soient fermés pour éviter la propagation des poussières au centre-ville », ajoute M. Laperrière.

Au cours des trois dernières années, cinq nouveaux dépoussiéreurs ont aussi été ajoutés. « En tout, on a 21 dépoussiéreurs. Aussitôt qu’on en arrête un, on voit la différence. L’entreprise investit chaque année des millions de dollars à Sorel-Tracy. On verra ce qui est prévu au budget pour l’an prochain, mais c’est sûr que Richardson va continuer d’investir ici pour faciliter la vie des citoyens et commerçants du centre-ville. Il y a des actions concrètes en branle et il y en aura d’autres », conclut le directeur des opérations.

La Ville et les commerçants satisfaits

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, s’est dit satisfait à l’issue de la réunion du 28 juin.

« M. Laperrière nous a expliqué ses contraintes et on lui a signifié nos irritants. On a formé un comité et on continue de se parler. Des solutions sont proposées de part et d’autre. Au centre-ville, toutes les activités sont concentrées dans un même endroit, qu’elles soient maritimes, économiques ou touristiques. C’est pourquoi l faut collaborer tous ensemble », souligne M. Péloquin.

Même son de cloche du côté de Jean-Philippe Boulet, du restaurant Le Fougasse, qui était un des deux restaurateurs présents à la rencontre avec le Cactus. « Depuis le temps qu’on est au centre-ville, c’est la première fois qu’on a une discussion face à face avec l’entreprise. On était en mode solution, on veut tous que ça s’améliore. On s’est sentis appuyés par la Ville; il y avait une quinzaine de personnes à la rencontre, l’impact n’est pas le même dans ce temps-là. Je suis satisfait de l’ouverture de l’entreprise et de M. Laperrière, qu’on peut appeler en tout temps si d’autres inconvénients surviennent », conclut M. Boulet.

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